La GTO à l'écran — la Monkeemobile et la course désenchantée de Two-Lane Blacktop
La Monkeemobile, un cabriolet GTO transformé en objet de fantaisie
Pour la série musicale à succès The Monkees (1966-1968), le carrossier customiseur Dean Jeffries reçoit commande de deux cabriolets Pontiac GTO 1966 de couleur bleu Fontaine, à transformer en un délai record de quatre semaines. Le résultat, resté un classique absolu de la voiture de télévision, conserve le V8 389 d'origine mais multiplie les excentricités : pare-brise en deux parties, capote de tourneur façon « T-bucket », ailes avant démesurées, ailes arrière et capot redessinés, quatre places à l'avant complétées d'une banquette supplémentaire, fausses sorties d'échappement de compresseur, parachute de freinage arrière factice, jantes chromées Crager et une sérigraphie dorée façon manche de guitare portant le nom du groupe sur les flancs. Ce projet, mené en parallèle de la stratégie promotionnelle déjà très active de Jim Wangers autour de la GTO (voir Jim Wangers — le « parrain de la GTO » et l'invention du marketing lifestyle à la Pontiac), illustre la place que la voiture occupait alors dans l'imaginaire de la jeunesse américaine, la cible démographique exacte du programme comme du modèle lui-même.
Two-Lane Blacktop (1971), un miroir plus amer du muscle car
Le rapport de la GTO au cinéma prend un tour très différent dans Two-Lane Blacktop (1971) du réalisateur Monte Hellman, film culte du road-movie américain resté à l'état de film de culte plutôt que de succès populaire. L'acteur Warren Oates y incarne un conducteur d'âge mûr, prolixe et mythomane, propriétaire d'une GTO 1970 achetée neuve, qui met sa voiture en jeu dans une course-poursuite transcontinentale contre un coupé Chevrolet 1955 « fait maison », piloté par deux jeunes taciturnes interprétés par le musicien James Taylor et le batteur des Beach Boys Dennis Wilson. Le personnage d'Oates, souvent réduit dans les analyses du film à une antithèse de la jeunesse contre-culturelle des deux pilotes de la Chevrolet, écoute significativement la chanson Me and Bobby McGee sur l'autoradio de sa GTO — un contraste voulu entre l'american dream consumériste incarné par la Pontiac neuve et l'errance plus authentique des deux jeunes gens sur leur voiture bricolée.
Deux facettes complémentaires d'une même icône
Ces deux apparitions, à sept ans d'écart, illustrent la polyvalence symbolique acquise par la GTO dans la culture populaire américaine des années 1960-1970 : objet de fantaisie assumée et de merchandising pour un public adolescent avec la Monkeemobile, puis miroir plus mélancolique d'une génération arrivant à maturité dans Two-Lane Blacktop, au moment même où le marché réel du muscle car entamait son déclin commercial (voir 1971-1973 — le déclin, entre surprimes d'assurance et premières contraintes antipollution).
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Monkeemobile ↗
- « G.T.O. » de Ronny & the Daytonas (1964) — quand une chanson vend une voiture avant sa sortiePontiac GTO · Culture documentation
- 1971-1973 — le déclin, entre surprimes d'assurance et premières contraintes antipollutionPontiac GTO · Histoire et modèles
- Jim Wangers — le « parrain de la GTO » et l'invention du marketing lifestyle à la PontiacPontiac GTO · Culture documentation