Perwaja Steel — l'autre grand projet industriel de Mahathir, et son échec chiffré
Une politique d'industries lourdes qui ne se limite pas à l'automobile
Le projet de voiture nationale ne constitue qu'une pièce du programme plus large d'industrialisation lourde porté par Mahathir Mohamad dès son arrivée au pouvoir. Dans le même esprit et à la même époque, son gouvernement crée en 1982 Perwaja Steel, une entreprise sidérurgique publique destinée à doter la Malaisie d'une industrie de l'acier nationale — une ambition directement complémentaire du projet Proton, une industrie automobile ayant vocation à consommer, à terme, une partie de la production sidérurgique du pays.
Un échec financier documenté avec précision
Contrairement à Proton, dont le succès commercial initial est réel malgré des difficultés ultérieures, Perwaja Steel s'enfonce rapidement dans des pertes considérables. Une étude académique publiée en 2024 dans la Malaysian Journal of Economic Studies, citée par Wikipédia, chiffre les pertes cumulées de l'entreprise à 9,9 milliards de ringgit entre 1982 et sa privatisation en 1996, ce montant grimpant à 15 milliards de ringgit au moment de l'arrêt total de ses activités en 1999. Mahathir lui-même reconnaîtra ultérieurement que Perwaja avait constitué, selon ses propres termes, « une erreur de calcul » de sa part — tout en continuant, par ailleurs, à défendre le bilan global de sa politique d'industrialisation, Proton en tête de ses réussites revendiquées.
Un contrepoint nécessaire à la légende dorée de Proton
Ce précédent industriel offre un contrepoint utile à toute lecture uniquement laudative du parcours de Proton : la même stratégie de « Look East » et d'industrialisation volontariste par la création d'entreprises publiques (voir La politique du « Look East » — genèse d'un virage diplomatique et industriel malaisien et Le projet de « voiture malaisienne » — de l'idée de Mahathir (1979) à l'approbation du gouvernement (1982)) a produit, sous la même présidence, à la fois l'un des projets industriels les plus identifiés à la fierté nationale malaisienne — la Saga — et l'un de ses échecs financiers les plus coûteux et les mieux documentés. Proton elle-même connaîtra d'ailleurs des pertes continues entre 2012 et 2016, avant sa recapitalisation par le groupe chinois Geely (voir 2017 — Geely entre au capital de Proton, et Mahathir dénonce la vente de « l'enfant de son esprit ») — un rappel que même le plus emblématique des succès industriels de cette politique n'a pas toujours été rentable par ses seules forces, et a nécessité à deux reprises (recapitalisation étatique implicite via la protection tarifaire, puis ouverture de capital à un partenaire étranger) un soutien extérieur à son seul mérite commercial.
Voir aussi
- La politique du « Look East » — genèse d'un virage diplomatique et industriel malaisien
- Le projet de « voiture malaisienne » — de l'idée de Mahathir (1979) à l'approbation du gouvernement (1982)
- La National Automotive Policy — un mur tarifaire au service de Proton
- 2017 — Geely entre au capital de Proton, et Mahathir dénonce la vente de « l'enfant de son esprit »
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Mahathir_Mohamad ↗
- Le projet de « voiture malaisienne » — de l'idée de Mahathir (1979) à l'approbation du gouvernement (1982)Proton Saga · Histoire et modèles
- La National Automotive Policy — un mur tarifaire au service de ProtonProton Saga · Societe industrie
- La politique du « Look East » — genèse d'un virage diplomatique et industriel malaisienProton Saga · Histoire et modèles
- 2017 — Geely entre au capital de Proton, et Mahathir dénonce la vente de « l'enfant de son esprit »Proton Saga · Histoire et modèles