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§ 01 · Histoire et modèles

Le projet de « voiture malaisienne » — de l'idée de Mahathir (1979) à l'approbation du gouvernement (1982)

Proton Saga · depuis 1985 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une idée conçue avant même son accession au pouvoir suprême

Le concept d'une automobile conçue et fabriquée en Malaisie remonte à 1979, alors que Mahathir Mohamad occupe le poste de ministre du Commerce et de l'Industrie (1978-1981) tout en étant simultanément vice-Premier ministre. Convaincu que le développement des industries lourdes conditionne l'autosuffisance et le progrès du pays sur le long terme, il fait de cette conviction un axe central de son passage au ministère : dès septembre 1978, il crée une agence unique de simplification administrative pour l'obtention de licences et de permis industriels, puis mène en Malaisie même comme à l'étranger (notamment une tournée commerciale de vingt jours aux États-Unis en septembre 1978) une politique active de promotion des investissements. C'est dans ce même élan qu'il porte la création de la HICOM (Heavy Industries Corporation of Malaysia), une société à capitaux publics chargée d'investir dans le développement industriel de long terme du pays, dont une industrie automobile nationale.

Un secteur automobile local jugé structurellement inefficace

L'industrie automobile malaisienne existe pourtant depuis la fin des années 1960 : six usines de montage assemblent alors, à partir de kits CKD (« complete knock-down ») importés d'Europe, d'Amérique, du Japon et d'Australie, des véhicules de marques étrangères. Mais l'insuffisance d'économies d'échelle conjuguée à une réglementation de contenu local pénalisante fait grimper les prix tout au long des années 1970, au point qu'un modèle assemblé localement revient souvent plus cher qu'un modèle importé complet. Au tournant des années 1980, le gouvernement malaisien conclut qu'une implication directe de l'État est nécessaire pour inverser cette dynamique et donner une impulsion nouvelle à la croissance industrielle du pays.

1982 : le feu vert du Cabinet

Mahathir devient quatrième Premier ministre de Malaisie en juillet 1981. L'année suivante, en 1982, le Cabinet approuve formellement le « National Car Project », avec un triple objectif explicitement documenté : accélérer le transfert de technologie vers la Malaisie, augmenter et rationaliser le taux de contenu local de l'industrie automobile du pays, et impliquer davantage d'entrepreneurs malais dans un secteur alors largement dominé par la communauté chinoise de Malaisie (voir Proton et la Nouvelle Politique Économique — un projet aussi ethno-économique qu'industriel pour le détail de cette dimension ethno-économique du projet). Ce troisième objectif inscrit d'emblée le futur constructeur national dans le prolongement direct de la Nouvelle Politique Économique du pays, bien au-delà d'un simple pari industriel.

Un projet resté personnellement associé à son fondateur

Fait rare pour un grand projet industriel d'État, le projet de voiture nationale demeure durablement associé à la personne même de Mahathir : il en assurera la présidence du conseil d'administration une fois la société créée, de 1983 à 2012, puis de nouveau de 2014 à 2016 (voir La création de Proton (7 mai 1983) — un actionnariat HICOM-Mitsubishi à 70/30). Selon le témoignage ultérieur de Halim Hassan, l'un des tout premiers designers recrutés par la nouvelle entreprise, l'annonce du projet a suscité une forme d'incrédulité en interne : « Personne ne nous avait appris à construire une voiture auparavant. Nous n'avions jamais été formés » (voir « Nous n'avions jamais été formés » — le témoignage de Halim Hassan sur la naissance du bureau de style Proton) — un aveu qui mesure l'ampleur du pari technique que représentait, en 1982, la promesse d'une automobile malaisienne.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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