2017 — Geely entre au capital de Proton, et Mahathir dénonce la vente de « l'enfant de son esprit »
Une entreprise publique déficitaire depuis des années
En janvier 2012, DRB-HICOM rachète l'intégralité de Proton à Khazanah Nasional pour environ 1,2 milliard de ringgit, mettant fin à l'actionnariat directement étatique de l'entreprise (voir La création de Proton (7 mai 1983) — un actionnariat HICOM-Mitsubishi à 70/30 pour le montage d'origine). Les années suivantes sont difficiles : selon des déclarations ultérieures du ministre malaisien du Commerce international et de l'Industrie relayées par paultan.org, Proton enregistre des pertes continues entre 2012 et 2016, la part de marché domestique de la marque étant retombée à environ 12 % en 2016 selon le South China Morning Post, contre 74 % à son apogée de 1993 (voir La National Automotive Policy — un mur tarifaire au service de Proton).
Un partenariat présenté comme un sauvetage industriel
En mai 2017, DRB-HICOM annonce la cession de 49,9 % du capital de Proton, ainsi que d'une participation majoritaire dans sa filiale britannique Lotus Cars (rachetée par Proton en 1996), au groupe chinois Zhejiang Geely Holding — pour un montant de 460,3 millions de ringgit (environ 107,3 millions de dollars). L'accord définitif est signé en juin-juillet 2017 ; les 51 % de Lotus reviennent à Geely, les 49 % restants étant repris par le groupe malaisien Etika Automotive. Le Premier ministre de l'époque, Najib Razak, présente l'opération comme un « partenariat stratégique » indispensable pour redresser une entreprise qui perdait, selon ses propres mots, « des centaines de millions de ringgit » chaque année.
« L'enfant de mon esprit a été vendu »
L'opération suscite une vive controverse, à quelques mois d'élections générales opposant le pouvoir en place à une opposition menée par... Mahathir Mohamad lui-même, alors sorti de la coalition au pouvoir. De nombreux Malaisiens y voient une atteinte à un symbole national auquel Mahathir reste personnellement identifié depuis sa création en 1983 (voir Le projet de « voiture malaisienne » — de l'idée de Mahathir (1979) à l'approbation du gouvernement (1982)). Mahathir aurait alors qualifié la cession en des termes très personnels, déclarant en substance que « Proton, l'enfant de mon esprit, a été vendu » et que cette opération marquait « probablement le début d'une grande braderie » — une formule largement reprise par la presse malaisienne et internationale de l'époque, ici transmise avec la réserve qu'elle n'a pas pu être vérifiée mot pour mot sur une source consultée intégralement au cours de cette session de recherche. L'épisode s'inscrit dans une campagne électorale où Mahathir dénoncera plus largement l'accumulation de dettes extérieures et la conclusion d'accords jugés déséquilibrés comme une érosion de la souveraineté malaisienne — un thème qui contribuera à sa victoire électorale de 2018 et à son retour au poste de Premier ministre, trente-cinq ans après avoir fondé Proton.
Un retournement de fortune sous pavillon chinois
Selon les déclarations postérieures du ministère malaisien du Commerce international et de l'Industrie, Proton renoue avec la profitabilité dans les années suivant l'arrivée de Geely. La marque élargit sa gamme de SUV (X70, X50, X90) construits sur des plateformes Geely, tandis qu'un centre de recherche et développement commun ouvre en 2024 à l'institut automobile de Geely à la baie de Hangzhou. En juillet 2023, dans le cadre d'une restructuration interne du groupe chinois, la marque Proton est intégrée au bilan comptable de Geely Auto — un tournant capitalistique qui referme, quarante ans après l'alliance fondatrice avec Mitsubishi (voir La création de Proton (7 mai 1983) — un actionnariat HICOM-Mitsubishi à 70/30), un second cycle de transfert de technologie automobile étranger vers la Malaisie, cette fois en provenance de Chine plutôt que du Japon.
Voir aussi
- La création de Proton (7 mai 1983) — un actionnariat HICOM-Mitsubishi à 70/30
- Après 1985 — les deuxième et troisième générations de Saga, l'émancipation technique de Mitsubishi
- La National Automotive Policy — un mur tarifaire au service de Proton
- La Saga au miroir des autres « premières voitures nationales » du corpus
- Site source
- scmp.com (South China Morning Post)
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- Le projet de « voiture malaisienne » — de l'idée de Mahathir (1979) à l'approbation du gouvernement (1982)Proton Saga · Histoire et modèles
- La création de Proton (7 mai 1983) — un actionnariat HICOM-Mitsubishi à 70/30Proton Saga · Histoire et modèles
- La Saga au miroir des autres « premières voitures nationales » du corpusProton Saga · Societe industrie
- Après 1985 — les deuxième et troisième générations de Saga, l'émancipation technique de MitsubishiProton Saga · Histoire et modèles
- La National Automotive Policy — un mur tarifaire au service de ProtonProton Saga · Societe industrie
- Après 1985 — les deuxième et troisième générations de Saga, l'émancipation technique de MitsubishiProton Saga
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- La National Automotive Policy — un mur tarifaire au service de ProtonProton Saga
- Perwaja Steel — l'autre grand projet industriel de Mahathir, et son échec chiffréProton Saga