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§ 07 · Carrosserie

Les carrossiers indépendants de la Renault 5 et de la Supercinq

Renault 5 · 3 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

Comme la plupart des modèles populaires à fort succès commercial, la Renault 5 puis la Supercinq ont attiré l'attention de nombreux carrossiers indépendants, qui ont proposé des transformations non catalytiques par Renault : cabriolets, breaks, utilitaires de loisir, versions tout-terrain. Le site renault-5.net en recense une quinzaine, de 1972 à 1983.

Un aperçu chronologique

AnnéeTypeCarrossier
19724×4Sinpar
1976Coupé « Cacharelle »Ricard Auto
1977Camping-carCarwagon
1979« Le Car Van »Heuliez
1980Cabriolet LM4Sovra
1980Pick-upRougier
1980CabrioletCleveland
1981BreakDurisotti
1981« Arpège »Suncar
Version 6 rouesLéotard
1983Version « Luxe »Laurence
1983« Ténéré » / « Cristal »JB

Sinpar, déjà connu pour ses transformations tout-terrain sur d'autres modèles Renault (4L notamment), propose dès 1972 — l'année même du lancement de la R5 — une version 4×4, preuve de l'intérêt immédiat suscité par la nouvelle petite Renault au-delà de son public citadin d'origine. Heuliez, carrossier vendéen bien connu du grand public pour ses breaks et ses utilitaires légers, livre en 1979 un dérivé utilitaire « Le Car Van », en écho au succès nord-américain de la R5 sous le nom Le Car (voir Renault 5 « Le Car » — la R5 face au marché nord-américain (1976-1983)). Heuliez revient sur la gamme à deux reprises côté Supercinq : un véhicule d'urgence pour le SAMU (voir La Renault 5 et la Supercinq en service d'urgence (police, gendarmerie, SAMU, pompiers)), puis, au Salon de Paris 1985, le prototype de monospace sept places « Super Van Cinq », sous le label « France Design » — voir le détail complet dans Curiosités et prototypes de salon de la Supercinq (Heuliez, Hermès, Pattex), qui documente aussi un autre exemplaire unique de Supercinq personnalisé la même année par le sellier Hermès.

La Supercinq Belle Île : du prototype artisanal à la petite série industrielle

Le cas le mieux documenté de transformation par un carrossier tiers concerne la Supercinq. En 1988, l'entreprise Car Système Style, forte du succès de son précédent modèle « JP4 », cherche à assurer sa pérennité et se tourne vers la Supercinq pour développer un successeur : ce sera la Belle Île, un pick-up semi-décapotable dérivé de la Supercinq. Le prototype est présenté au Salon de l'automobile 1988, où il suscite un vif intérêt et un carnet de commandes qui se remplit rapidement.

L'homologation officielle par les services des Mines n'intervient toutefois qu'au second semestre 1989, retard qui met à mal les finances de Car Système. Le carrossier Gruau — reprend l'affaire, tant pour sa proximité géographique que pour la cohérence avec son métier (la Belle Île restera la seule voiture « grand public » produite par Gruau dans toute son histoire, l'entreprise étant plutôt spécialisée dans les carrosseries utilitaires et de transport). La production est transférée de Redon à Laval début 1990. Gruau développe alors sa propre version, sensiblement modifiée par rapport au modèle Car Système d'origine (nouveau système de capotage breveté, garnitures intérieures moins spartiates, toit ouvrant standardisé, enjoliveurs de série). Au Salon de l'automobile fin 1990, pas moins de sept Belle Île sont exposées (quatre au salon auto, trois au salon de la carrosserie), signe d'une petite industrialisation réussie. La production s'arrête néanmoins au cours du second semestre 1991, pour des raisons financières, malgré un rythme de vente jugé satisfaisant dans le réseau Renault.

Fait notable souligné par la source : chaque exemplaire produit par Car Système, avant la reprise par Gruau, était réalisé « à la main » avec les moyens du bord, si bien qu'aucun des tout premiers modèles ne serait rigoureusement identique à un autre.

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Provenance de cette fiche
Site source
renault-5.net
Date d'extraction
11 sept. 2026
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