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§ 01 · Histoire et modèles

Genèse du Type H — du projet de guerre au Salon de Paris 1947

Citroën Type H · 1947–1981 · 2 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Un projet mûri pendant l'Occupation

Le développement du futur Type H, connu en interne comme « Projet H », commence dès la Seconde Guerre mondiale, dans la continuité de la réflexion qui a produit la 2CV. Il succède au TUB (Traction Utilitaire Basse), utilitaire Citroën antérieur à châssis séparé produit de 1939 à 1941 en petite série, dont le Type H reprend l'ambition commerciale sur des bases techniques entièrement différentes — la caisse autoportante remplaçant le châssis distinct. Pierre-Jules Boulanger, alors directeur de Citroën, refuse cependant de précipiter les choses : le fourgon est prêt pour le Salon de 1946, mais Boulanger interdit son exposition, ne voulant pas séduire une clientèle avec un modèle que l'usine n'est pas encore en mesure de fabriquer en quantité. Ce choix illustre une constante de sa direction, déjà observable avec la 2CV, présentée seulement lorsque la chaîne de production pouvait effectivement suivre.

Le Salon de Paris, octobre 1947

Le fourgon est finalement dévoilé au Salon de Paris en octobre 1947, dans un contexte d'après-guerre marqué par la pénurie de matières premières, le rationnement de la tôle d'acier et le besoin urgent, pour les artisans et petits commerçants français, de véhicules utilitaires simples, robustes et bon marché à produire comme à entretenir. Les premières livraisons commerciales n'interviennent qu'en juin 1948, avec une charge utile initiale de 1 200 kg.

Une conception « table rase »

Le dessin est confié à Flaminio Bertoni, déjà auteur de la Traction Avant, de la 2CV et bientôt de la DS, associé à l'ingénieur André Lefèbvre. Contrairement à la 2CV, pensée pour le transport de personnes et de charges légères en milieu rural, le Type H part d'un cahier des charges entièrement différent : un utilitaire urbain et périurbain, à plancher bas, volume de chargement maximal et coût de fabrication minimal, pouvant transporter une charge utile proche de son propre poids à vide.

Une réponse directe à la pénurie de tôle

La France de l'immédiat après-guerre manque de presses à emboutir puissantes et de tôle d'acier de bonne épaisseur. Plutôt que de concevoir une carrosserie lisse nécessitant des presses lourdes indisponibles, les ingénieurs Citroën optent pour des panneaux de tôle fine renforcés par un profil ondulé — solution technique développée plus en détail dans La carrosserie ondulée — la solution aéronautique du Junkers Ju 52 appliquée à un fourgon. Le choix mécanique est tout aussi pragmatique : plutôt que de développer un groupe motopropulseur entièrement nouveau, Citroën réutilise l'ensemble moteur-boîte de la Traction Avant, monté à l'envers et en porte-à-faux avant — voir La traction avant en configuration inversée — boîte devant le moteur.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
16 sept. 2026
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