Le Focke-Borgward Kolibri — quand Borgward voulait construire des hélicoptères
Parmi les diversifications les plus coûteuses et les moins connues de Carl Borgward figure un projet qui n'a rien à voir avec l'automobile : la construction d'un hélicoptère civil, dont l'histoire éclaire à la fois le goût du patron pour l'innovation technique tous azimuts et l'une des explications avancées à sa chute financière (voir La chronologie de la faillite de 1961).
Une équipe dirigée par un pionnier de l'hélicoptère
À partir de 1956, une équipe de 25 collaborateurs de Borgward, dirigée par l'ingénieur Henrich Focke — cofondateur de Focke-Wulf avant-guerre et pionnier reconnu de l'hélicoptère allemand, auteur en 1936 du Focke-Wulf Fw 61, premier hélicoptère pleinement contrôlable au monde —, développe dans un hall de l'usine de Bremen-Sebaldsbrück un hélicoptère léger triplace (un pilote, deux passagers) : le Focke-Borgward BFK-1. Deux prototypes, baptisés Kolibri I et Kolibri II (ce dernier doté d'une cabine fermée), volent pour la première fois en 1958.
Un pari manqué sur la Bundeswehr
Borgward espérait alors décrocher des commandes de la Bundeswehr, l'armée ouest-allemande alors en pleine reconstitution après la levée des restrictions militaires imposées à l'Allemagne d'après-guerre. Cet espoir ne se concrétise jamais, l'armée allemande ne manifestant pas l'intérêt escompté pour l'appareil. Malgré l'absence de débouché commercial identifié, le développement se poursuit jusqu'à un coût cumulé de 4,3 millions de DM — une somme que le conseil de surveillance mis en place après la cession du groupe au Land de Brême juge alors indéfendable : c'est Johannes Semler lui-même (voir Johannes Semler, l'homme du conseil de surveillance) qui met un terme au projet en février 1961, faute d'investisseur extérieur prêt à en poursuivre le financement.
Le devenir des deux prototypes
Les deux Kolibri, pourtant jugés aptes au vol, terminent leur carrière comme appareils d'entraînement pour les pompiers de l'aéroport de Brême, avant d'être ferraillés. Quelques éléments subsistants sont aujourd'hui conservés au musée de l'hélicoptère de Bückeburg (Hubschraubermuseum Bückeburg), l'un des rares témoignages matériels encore accessibles au public de cette incursion aéronautique méconnue du groupe automobile brêmois.
Voir aussi
- Site source
- veikkos-archiv.com (+ recoupements de.wikipedia.org, en.wikipedia.org)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026