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§ 12 · Culture documentation

Les grands raids Citroën en 2CV — Paris-Kaboul, Paris-Persépolis et le Raid Afrique 1973

Citroën 2CV · 1948–1990 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Entre 1970 et 1973, Citroën organise trois grandes expéditions destinées à démontrer publiquement la robustesse du bicylindre de la 2CV en conditions extrêmes — un capital d'image qui inspirera directement la création du 2CV Cross l'année suivante (voir Le 2CV Cross — de l'épreuve promotionnelle à la discipline sportive pérenne). Le Paris-Kaboul (1970) et le Paris-Persépolis (1971) restent, à ce stade de ce corpus, moins documentés que le troisième et dernier de ces raids ; un gisement à explorer lors d'un prochain crawl de laventure-association.com, déjà source de référence pour la chronologie de la Traction Avant dans le corpus citroen-traction-avant/.

Le Raid Afrique, octobre-novembre 1973

Dernier des trois grands raids, le Raid Afrique relie Abidjan à Tunis en traversant les déserts du Ténéré puis du Hoggar. Le départ a lieu le 29 octobre 1973 : cent jeunes participants français, répartis en cinq groupes de douze voitures (dont deux groupes réservés à l'organisation et à la presse), roulent sur des 2CV 6, Dyane 6 et fourgonnettes 3 CV de moins de trois ans, préparées l'été précédent selon un cahier des charges précis établi par Jean-Paul Cardinal : carénage sous moteur et boîte, projecteurs supplémentaires, supports pour plaques de désensablement, réservoir additionnel de 65 litres. Les véhicules avaient rallié Abidjan par bateau depuis Le Havre un mois avant l'arrivée par avion des équipages.

L'expédition est encadrée par huit camions Berliet L64 à deux essieux moteurs (réservoirs de 400 litres, réserves d'eau, vivres, carburant et pièces détachées), sous la responsabilité de Pierre Mathian — des chauffeurs déjà rompus aux missions sahariennes (Mission Ténéré 1959, Mission Tchad 1960, Mission Afrique verte 1962). La coordination est assurée par radio depuis la 2CV n°1 de Jacques Wolgensinger, chef de l'expédition (le même homme qui sera, l'année suivante, à l'origine du 2CV Cross), secondé par Jean-Paul Cardinal, avec un avion assurant deux survols quotidiens du convoi.

Une sélection exigeante

Selon la spécialité recherchée (mécanicien, médecin, intendant, reporter, photographe, cameraman...), les candidats devaient franchir des épreuves très sélectives organisées lors d'un week-end de mars 1973 : sur plusieurs milliers de réponses reçues à la suite d'un appel lancé à la radio et dans la presse écrite, 944 dossiers sont finalement retenus. La moitié environ des cent participants sélectionnés occupait une fonction de mécanicien.

Le parcours et ses péripéties

Le raid traverse successivement la Côte d'Ivoire, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso) et le Niger, alors frappé par la sécheresse du Sahel — l'occasion pour les camions Berliet de distribuer plusieurs tonnes de riz aux éleveurs peuls ayant perdu leurs troupeaux, et pour un groupe de raiders de livrer 150 kg de médicaments à un hôpital de brousse. Au Niger, après Agadez, commence la traversée du désert du Ténéré proprement dit, où les ensablements répétés imposent l'usage systématique des plaques de désensablement, faisant chuter la moyenne horaire à 5-10 km/h par endroits. Les mécaniciens du raid effectuent sur le terrain des réparations spectaculaires — jusqu'au remplacement complet d'un moteur en une nuit sur une voiture au châssis plié par un ensablement.

La dernière étape saharienne conduit le convoi au col de l'Assekrem, à 2 700 m d'altitude dans le massif du Hoggar, où une partie du groupe passe la nuit la plus froide du raid, la température avoisinant zéro degré, avant de redescendre vers Tamanrasset, puis In-Salah et Hassi-Messaoud, jusqu'à l'arrivée à Tunis, terme de cette traversée complète du continent africain.

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Provenance de cette fiche
Site source
laventure-association.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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