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§ 01 · Histoire et modèles

Paul Magès, l'ingénieur autodidacte de la suspension hydropneumatique

Citroën DS · 1955–1975 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un « technicien hors normes », pas un ingénieur diplômé

Selon sphere-discount.com, Paul Magès n'est pas ingénieur diplômé mais un technicien autodidacte. Lorsqu'il propose ses premières idées de suspension fluide, une partie de la direction technique de Citroën reste sceptique, voire ouvertement hostile : remplacer les ressorts métalliques classiques par de l'huile et de l'azote comprimé paraît à certains franchement farfelu. Magès persévère malgré tout, menant ses premiers essais dans un relatif anonymat au Quai de Javel, jusqu'à ce que les résultats convainquent un petit groupe d'ingénieurs puis, progressivement, la hiérarchie.

D'après citroenet.org.uk, l'idée fondatrice — utiliser la puissance hydraulique pour assurer non seulement la suspension mais aussi la direction, la transmission et le freinage — lui vient en 1942, alors qu'il est un jeune ingénieur affecté aux seuls systèmes de freinage. Le cheminement technique est ensuite long : suspension à gaz ratée en 1944, suspension pneumatique fonctionnelle mais trop encombrante en 1947 (voir La genèse de la DS — du projet VGD (1938) au « projet D » (1955) pour la chronologie complète de cette mise au point).

Ses propres mots sur le pari technique de la DS

Le DS ID Club de France cite un témoignage direct de Magès sur l'audace du projet : « Il fallait être fou pour se lancer dans un truc pareil, [...] et si j'étais sorti d'une grande école, je ne l'aurais jamais fait ! » Cette citation, aussi bien qu'un aveu d'autodidacte que comme une revendication, illustre le décalage entre la formation de Magès et l'ampleur de ce qu'il invente : marier le gaz au liquide hydraulique dans un système fermé, en concevant lui-même les sphères, les membranes et les joints nécessaires — rien de tel n'existant alors sur étagère.

Une œuvre qui déborde largement la seule suspension

L'hydraulique conçue par Magès pilote, sur la DS, un ensemble de fonctions bien plus vaste que la seule suspension : direction assistée, freinage à haute pression proportionnel à la charge, et embrayage/boîte de vitesses à commande hydraulique (voir La suspension hydropneumatique — principe et fonctionnement détaillé, La direction assistée hydraulique, Le freinage haute pression et le bouton « champignon » et La boîte de vitesses à commande hydraulique (BVH) — fonctionnement du levier « sans embrayage »).

Le système de phares directionnels de 1967, une seconde signature

Douze ans après le lancement de la DS, Magès signe une autre trouvaille caractéristique de sa méthode : pour le restylage de 1967 (voir Le restylage de septembre 1967 — nouvelle face avant et phares directionnels), un grand fabricant de projecteurs propose un système électronique complexe pour orienter les phares en fonction du braquage. Magès, selon citroenet.org.uk, démontre qu'il peut obtenir le même résultat de façon bien plus simple au moyen d'une timonerie à câbles reliée directement à la crémaillère de direction — solution mécanique, économique et fiable, dans la droite ligne de sa philosophie de conception.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
sphere-discount.com, dsidclubdefrance.net, citroenet.org.uk
Auteur du site
sphere-discount.com ; DS ID Club de France ; Julian Marsh (citroenet.org.uk)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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