Le design de la GS — Jean Giret, Robert Opron et l'aérodynamique comme argument de vente
Une berline bicorps très aérodynamique pour son époque
La GS se présente comme une berline bicorps aux lignes fluides, dessinée par Jean Giret, designer maison, sous la direction de Robert Opron, qui a succédé à Flaminio Bertoni à la tête du style Citroën à la mort de ce dernier en 1964. Le style général doit beaucoup à un prototype de carrosserie « berlina aerodinamica » réalisé par Pininfarina (dessiné par Leonardo Fioravanti) sur base BMC 1800 en novembre 1967, prolongé en novembre 1968 par une étude BLMC 1100 dotée d'un hayon — un hayon que la GSA reprendra à son compte en 1979 alors que la GS elle-même en sera privée à son lancement (voir Juillet 1979 — la GSA et l'arrivée (enfin) du hayon). Sur les toutes premières séries, les motifs hexagonaux de la calandre et des garnitures de contre-portes doivent également, selon Wikipédia, une influence au prototype Bertone Marzal de 1967.
Une compétition interne remportée face à Giugiaro — et un joli rebond chez Alfa Romeo
4roues-sous-1parapluie.com apporte un éclairage supplémentaire sur la genèse stylistique de la GS : le style final aurait résulté d'une compétition entre l'équipe interne dirigée par Robert Opron et une proposition du designer italien indépendant Giorgetto Giugiaro, le cahier des charges de l'époque insistant sur l'aérodynamisme afin de rattacher la nouvelle venue à l'image de la DS plutôt qu'à celle, plus « haute sur pattes », de la 2 CV et de l'Ami 6. C'est finalement le projet de Robert Opron qui l'emporte. L'anecdote ne s'arrête pas là : Giugiaro aurait par la suite proposé sa propre esquisse à Alfa Romeo, qui l'accepte — donnant naissance à l'Alfasud, une berline qui partage avec la GS davantage qu'une simple parenté de silhouette, puisque les deux modèles sont nés du même exercice de style disputé entre deux designers rivaux.
Un coefficient de traînée remarquable, mis en avant commercialement
Citroën fait de l'aérodynamisme un argument de vente à part entière. Selon Wikipédia, le coefficient de traînée (Cx) de la GS de première génération s'établit à 0,361, amélioré à 0,318 sur les GSA X1 et X3 dotées d'un becquet arrière (0,345 pour les autres GSA) — une valeur remarquable pour l'époque. Rapporté à la surface frontale du véhicule pour obtenir le SCx (une mesure de la traînée aérodynamique totale, plus pertinente pour comparer des véhicules de gabarits différents), le résultat de 0,575 est comparé favorablement par Citroën elle-même, dans ses catalogues d'époque, à celui de l'Audi 100 de 1983 (0,61) — une aérodynamique pourtant réputée pour son époque, ce qui souligne l'avance prise dès 1970 par la GS sur ce plan précis.
Un tableau de bord futuriste, signature de la marque
L'habitacle reprend les codes visuels caractéristiques de Citroën depuis la DS : un volant monobranche (branche inclinée à « 7h40 » sur la GS d'origine, puis redressée à la verticale en mai 1979), dont le principe — dégager la vue sur les instruments et offrir une surface de contact réduite et déformable en cas de choc — traverse toute l'histoire de la marque jusqu'à la XM. Le tableau de bord se distingue par un compteur de vitesse en forme de « œil de cyclope » : une loupe en plastique posée devant un tambour rotatif rétroéclairé jouant le rôle de tachymètre, complété selon la version d'un compte-tours de facture identique ou d'une horloge à aiguilles classiques. Ce dispositif est monté de 1970 à 1976, puis à nouveau de 1979 à 1986 sur la GSA (avec une interruption entre les deux, période durant laquelle un combiné d'instruments plus classique à cadrans ronds équipe la gamme) ; le détail de ces évolutions successives est traité dans L'habitacle et la planche de bord — du compteur « pèse-personne » aux commodes satellites.
Voir aussi
- Site source
- fr.wikipedia.org (+ recoupements citroenet.org.uk, 4roues-sous-1parapluie.com)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- L'habitacle et la planche de bord — du compteur « pèse-personne » aux commodes satellitesCitroën GS/GSA · Carrosserie
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