Louis Delâge après la faillite — ruine, conversion religieuse et mort discrète (1935-1947)
L'homme qui avait donné son nom à l'une des marques automobiles les plus titrées de France termine sa vie dans un dénuement presque total, loin des podiums et des concours d'élégance qui avaient fait sa renommée — un contraste que Wikipédia elle-même documente sans grandiloquence ni pudeur excessive.
D'industriel replet à croyant itinérant
Après la fermeture de son usine de Courbevoie en avril 1935 (voir Delage dans la tourmente — de la crise de 1929 à la liquidation de Courbevoie (avril 1935)) et la cession de ses parts à Delahaye, Louis Delâge se convertit au catholicisme et mène une vie religieuse simple, ponctuée de nombreux pèlerinages effectués à pied et à bicyclette — à Notre-Dame de Chartres, à la Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux, et jusqu'à Lourdes. Ce choix de vie tranche radicalement avec celui de l'industriel qui, quelques années plus tôt encore, possédait un atelier privé à Saint-Briac-sur-Mer, en Bretagne, où il dessinait lui-même certains de ses modèles, comme la Delage D6-70, et recevait des pilotes venus y essayer ses automobiles.
Criblé de dettes, séparé, oublié
Criblé de dettes, Louis Delâge divorce de sa seconde épouse dans les années 1940, lui laissant son château et son important domaine du Pecq, dans les Yvelines. Il passe les dix dernières années de sa vie au Vésinet, dans une relative précarité, très loin du faste de la « Delage » qu'incarnait le D8 dans les concours d'élégance des années 1930 (voir Les concours d'élégance des années 1930 — la vitrine mondaine de Delahaye et Delage). Il meurt le 14 décembre 1947, à 73 ans, à la maison de retraite du Pecq, où il est inhumé dans son caveau familial.
Une reconnaissance posthume tardive mais réelle
Louis Delâge avait été fait chevalier de la Légion d'honneur dès 1925, en sa qualité de président de la Société des ingénieurs Arts et Métiers de Paris — une distinction obtenue non pour son industrie automobile mais pour son engagement associatif d'ingénieur. Sa mémoire est aujourd'hui perpétuée par le club Les Amis de Delage, fondé dès 1956, et par une place à son nom inaugurée à Saint-Briac-sur-Mer en 2017, en présence d'un de ses arrière-petits-fils et d'une Delage D6-70 de 1936 dessinée par Louis Delâge lui-même dans son atelier breton. Le lycée technique de Cognac, sa ville natale, porte également son nom.
Voir aussi
- Louis Delâge — de l'atelier de Levallois à la marque de prestige (1905-1920s)
- Delage dans la tourmente — de la crise de 1929 à la liquidation de Courbevoie (avril 1935)
- Les Amis de Delage — le club qui a fait renaître la marque de son arrière-petit-fils
- Les concours d'élégance des années 1930 — la vitrine mondaine de Delahaye et Delage
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA)
- Auteur du site
- contributeurs Wikipédia
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Del%C3%A2ge ↗
- Delage dans la tourmente — de la crise de 1929 à la liquidation de Courbevoie (avril 1935)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Histoire et fondation
- Louis Delâge — de l'atelier de Levallois à la marque de prestige (1905-1920s)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Histoire et fondation
- Les concours d'élégance des années 1930 — la vitrine mondaine de Delahaye et DelageDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Carrosserie et carrossiers
- Les Amis de Delage — le club qui a fait renaître la marque de son arrière-petit-filsDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Collection et valeur
- Delage dans la tourmente — de la crise de 1929 à la liquidation de Courbevoie (avril 1935)Delahaye et Delage (135, 165, D8)
- Louis Delâge — de l'atelier de Levallois à la marque de prestige (1905-1920s)Delahaye et Delage (135, 165, D8)
- Les Amis de Delage — le club qui a fait renaître la marque de son arrière-petit-filsDelahaye et Delage (135, 165, D8)