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§ 01 · Histoire et fondation

Delage dans la tourmente — de la crise de 1929 à la liquidation de Courbevoie (avril 1935)

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Neuf ans avant que la crise ne frappe Delahaye et ne la pousse vers son redressement sportif, Delage traverse une trajectoire inverse : née d'un âge d'or éclatant, la marque de Louis Delâge s'effondre sous le poids de la Grande Dépression jusqu'à la fermeture pure et simple de son usine.

Un âge d'or fragilisé par la crise mondiale

Au tournant des années 1930, la Delage D8 (voir Le 8-cylindres Delage — une première pour l'industrie automobile française) incarne le sommet du savoir-faire de la marque : 8 cylindres en ligne, arbre à cames en tête, carrosseries des plus grands carrossiers (Letourneur & Marchand, Chapron, Saoutchik, Figoni & Falaschi, Pourtout), et une razzia sur les concours d'élégance de l'époque. Mais ce luxe artisanal se vend en volumes nécessairement restreints, et le contrecoup du krach de 1929 frappe durement l'ensemble des constructeurs de voitures de prestige — un choc dont Bugatti lui-même ne sort pas indemne à la même période.

Louis Delâge tente un vaste effort de renouveau technique, épaulé par un groupe de concessionnaires et de banquiers. Rien n'y fait : la situation commerciale et financière de la firme reste durement ébranlée tout au long de la première moitié des années 1930.

Les derniers modèles de Courbevoie

Au Salon de Paris 1932 paraît la D6-11, petite 11 CV à 6-cylindres de 2 101 cm³, suivie un an plus tard de la D8-15, version « démocratisée » du D8 à moteur ramené à 2 660 cm³ — une gamme qui rapproche Delage du segment volumineux occupé par des constructeurs comme Citroën, alors même que ce dernier travaille de son côté sur une version 16 CV six-cylindres de sa Traction Avant (projet mené sans urgence particulière, qui n'aboutira qu'en juin 1938 — voir Les Traction 11 — 11AL, 11AM, 11A, 11BL, 11B (1934–1957)). Les tout derniers modèles sortis de Courbevoie, D6-65, D8-85 et D8-105, bénéficient de freins hydrauliques et de la patte du brillant ingénieur Arthur Michelat. Aucun de ces efforts techniques, pourtant réels, ne suffit à enrayer la chute des ventes.

Avril 1935 : la fermeture

La mise en liquidation volontaire de l'usine de Courbevoie est décidée le 20 avril 1935. Delage y employait alors, au plus fort de son activité, jusqu'à 3 000 salariés selon la biographie de Louis Delâge. Les 8-cylindres D8-85 et D8-105 sont retirés de la production dans la foulée. Louis Delâge revend ses parts à son principal concurrent, Delahaye — un dénouement dont les modalités précises, entre cession commerciale et simple accord de licence, font l'objet d'une fiche à part : Le rachat de Delage par Delahaye en 1935 — une fusion industrielle plus qu'une absorption pure.

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Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org, en.wikipedia.org (CC BY-SA)
Auteur du site
contributeurs Wikipédia
Date d'extraction
12 sept. 2026
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