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§ 04 · Carrosserie et carrossiers

Les concours d'élégance des années 1930 — la vitrine mondaine de Delahaye et Delage

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

À côté des circuits de vitesse documentés dans la section consacrée à la compétition de ce dossier, un second terrain de conquête, plus feutré mais tout aussi stratégique commercialement, occupe Delahaye et Delage dans les années 1930 : le concours d'élégance, où la carrosserie compte autant, sinon plus, que le moteur.

Le D8, roi incontesté des pelouses

Selon l'article Wikipédia consacré à l'entreprise Delage, le D8 (voir Le 8-cylindres Delage — une première pour l'industrie automobile française), habillé par les plus grands carrossiers de l'époque — Letourneur & Marchand, Henri Chapron, Jacques Saoutchik, Figoni & Falaschi, Marcel Pourtout —, remporte la première place dans la plupart des concours d'élégance auxquels il est présenté durant l'âge d'or de la marque indépendante, entre 1930 et 1935. Cette razzia esthétique compense, sur le plan de l'image de marque, ce que la crise économique du début de la décennie retire à Delage en volumes de ventes (voir Delage dans la tourmente — de la crise de 1929 à la liquidation de Courbevoie (avril 1935)).

Lucy Schell, aussi élégante que rapide

Le cas de Lucy O'Reilly Schell illustre à quel point compétition et concours d'élégance restent, dans les années 1930, deux facettes d'une même vie mondaine plutôt que deux mondes séparés. En avril 1938, elle remporte le Grand Prix des coupés au Concours d'élégance de Cannes au volant d'un cabriolet Delahaye carrossé par Figoni ; le mois suivant, elle récidive au Concours d'élégance de Juan-les-Pins avec un cabriolet carrossé cette fois par Henri Chapron. Le décalage est presque comique : c'est précisément le jour de la plus grande victoire sportive de son écurie personnelle, le Grand Prix de Pau 1938 (voir Grand Prix de Pau 1938 — Delahaye bat Mercedes, une victoire française à la portée politique ambiguë), que Lucy Schell est absente du circuit — occupée à défendre son propre cabriolet Delahaye sur la Croisette de Cannes.

Une stratégie commerciale à double détente

Cette présence simultanée sur les circuits et sur les pelouses des concours n'a rien d'anecdotique pour les deux constructeurs : la victoire sportive vend l'idée de la performance mécanique, quand le concours d'élégance vend celle du style et du raffinement — les deux arguments se renforçant mutuellement auprès d'une clientèle de luxe qui achète tout autant une image qu'une automobile. C'est très exactement la stratégie formulée dès 1933 par Madame Desmarais chez Delahaye (voir 1933 — le tournant sportif de Delahaye, de la berline poussive au constructeur de prestige) : gagner des courses pour vendre des voitures plus chères et plus élégantes.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, fr.wikipedia.org (CC BY-SA), hagerty.com
Auteur du site
contributeurs Wikipédia ; Ronnie Schreiber (Hagerty)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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