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§ 07 · Carrosserie

Les strakes de la Testarossa : une fonction de refroidissement avant tout, pas un simple style

Ferrari Testarossa & F40 · 1984–1996 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un point technique souvent mal compris par le grand public

Les cinq lames horizontales qui courent des portières jusqu'aux ailes arrière — surnommées « strakes » en anglais, ou plus familièrement « cheese graters » (râpes à fromage) et « egg slicers » (coupe-œufs) par la presse anglo-saxonne de l'époque — sont aujourd'hui l'élément le plus immédiatement reconnaissable de la Testarossa. Contrairement à une idée reçue largement répandue qui n'y voit qu'un pur exercice de style des années 1980, leur origine est d'abord fonctionnelle, et découle directement d'une contrainte réglementaire.

Une contrainte réglementaire à l'origine du dessin

Le déplacement des radiateurs de refroidissement du nez de la voiture (position classique héritée de la Boxer) vers les flancs, à hauteur du moteur central, impose la création de larges prises d'air latérales — une nécessité mécanique déjà exposée dans la fiche consacrée à la genèse de la voiture (voir Vue d'ensemble : la Ferrari Testarossa et ses évolutions (1984-1996)). Or, la réglementation en vigueur dans plusieurs pays, dont les États-Unis, interdisait la présence de larges ouvertures béantes sur la carrosserie d'une automobile pour des raisons de sécurité. Les designers de Pininfarina ont d'abord cherché à minimiser ces prises d'air pour rester en conformité, avant de faire le choix inverse : transformer la contrainte en signature stylistique assumée, plutôt que de la dissimuler.

Un trajet d'air pensé de bout en bout

Le fonctionnement est le suivant : l'air frais est aspiré par les prises latérales situées dans les portières et les ailes arrière, traverse les deux radiateurs à eau montés sur chaque flanc près du moteur, puis remonte et s'évacue par les grilles d'aération situées sur le capot moteur et à l'arrière de la voiture. Ce circuit, comparé à l'ancienne disposition de la Boxer (un radiateur unique à l'avant relié au moteur arrière par une longue tuyauterie traversant tout l'habitacle), supprime une source de chaleur majeure dans le compartiment passagers et améliore sensiblement le confort thermique à bord.

Un bénéfice aérodynamique documenté, au-delà du seul refroidissement

Au-delà de leur fonction de guidage d'air, les strakes élargissent visuellement et physiquement l'arrière de la voiture par rapport à l'avant, un parti pris qui améliore la stabilité directionnelle à haute vitesse. Le coefficient de traînée qui en résulte, Cx = 0,36, est notablement inférieur à celui de sa grande rivale de l'époque, la Lamborghini Countach (Cx = 0,42) — un avantage aérodynamique net obtenu sans le moindre appendice aérodynamique rapporté à l'arrière. Le succès visuel de ce parti pris a été tel qu'il a inspiré, dans la décennie suivante, de nombreux kits de carrosserie destinés à d'autres voitures (dont la Pontiac Fiero) et même des motos, bien après la fin de production de la Testarossa elle-même.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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