Les strakes de la Testarossa : une fonction de refroidissement avant tout, pas un simple style
Un point technique souvent mal compris par le grand public
Les cinq lames horizontales qui courent des portières jusqu'aux ailes arrière — surnommées « strakes » en anglais, ou plus familièrement « cheese graters » (râpes à fromage) et « egg slicers » (coupe-œufs) par la presse anglo-saxonne de l'époque — sont aujourd'hui l'élément le plus immédiatement reconnaissable de la Testarossa. Contrairement à une idée reçue largement répandue qui n'y voit qu'un pur exercice de style des années 1980, leur origine est d'abord fonctionnelle, et découle directement d'une contrainte réglementaire.
Une contrainte réglementaire à l'origine du dessin
Le déplacement des radiateurs de refroidissement du nez de la voiture (position classique héritée de la Boxer) vers les flancs, à hauteur du moteur central, impose la création de larges prises d'air latérales — une nécessité mécanique déjà exposée dans la fiche consacrée à la genèse de la voiture (voir Vue d'ensemble : la Ferrari Testarossa et ses évolutions (1984-1996)). Or, la réglementation en vigueur dans plusieurs pays, dont les États-Unis, interdisait la présence de larges ouvertures béantes sur la carrosserie d'une automobile pour des raisons de sécurité. Les designers de Pininfarina ont d'abord cherché à minimiser ces prises d'air pour rester en conformité, avant de faire le choix inverse : transformer la contrainte en signature stylistique assumée, plutôt que de la dissimuler.
Un trajet d'air pensé de bout en bout
Le fonctionnement est le suivant : l'air frais est aspiré par les prises latérales situées dans les portières et les ailes arrière, traverse les deux radiateurs à eau montés sur chaque flanc près du moteur, puis remonte et s'évacue par les grilles d'aération situées sur le capot moteur et à l'arrière de la voiture. Ce circuit, comparé à l'ancienne disposition de la Boxer (un radiateur unique à l'avant relié au moteur arrière par une longue tuyauterie traversant tout l'habitacle), supprime une source de chaleur majeure dans le compartiment passagers et améliore sensiblement le confort thermique à bord.
Un bénéfice aérodynamique documenté, au-delà du seul refroidissement
Au-delà de leur fonction de guidage d'air, les strakes élargissent visuellement et physiquement l'arrière de la voiture par rapport à l'avant, un parti pris qui améliore la stabilité directionnelle à haute vitesse. Le coefficient de traînée qui en résulte, Cx = 0,36, est notablement inférieur à celui de sa grande rivale de l'époque, la Lamborghini Countach (Cx = 0,42) — un avantage aérodynamique net obtenu sans le moindre appendice aérodynamique rapporté à l'arrière. Le succès visuel de ce parti pris a été tel qu'il a inspiré, dans la décennie suivante, de nombreux kits de carrosserie destinés à d'autres voitures (dont la Pontiac Fiero) et même des motos, bien après la fin de production de la Testarossa elle-même.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Ferrari_Testarossa ↗
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