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§ 09 · Culture documentation

Camel Trophy, les origines (1980-1986) — des Jeep brésiliennes au sauvetage héliporté de Bornéo

Land Rover Series I/II/III & Defender · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

1980, Trans-Amazonica : un coup marketing sans Land Rover

Contrairement à une idée reçue, l'histoire du Camel Trophy ne commence pas avec un Land Rover. En 1980, trois équipes ouest-allemandes s'élancent depuis Belém, sur la côte brésilienne, à bord de Ford U50 — des Jeep CJ5 fabriquées sous licence localement, semble-t-il louées auprès d'une agence Hertz de Belém. Douze jours durant, elles remontent la « Transamazonienne », route mythique à moitié achevée (encore non intégralement goudronnée aujourd'hui), jusqu'à la ville intérieure de Santarém, entre boue, chaleur, coupe à la machette dans la jungle reconquise par la végétation et compromis officieux avec des fonctionnaires locaux corrompus (quelques paquets de cigarettes Camel suffisant parfois à débloquer un barrage administratif). Deux des trois Jeep terminent le parcours très abîmées, une troisième ayant purement et simplement pris feu en chemin.

1981, Sumatra : l'arrivée de Land Rover

Devant le succès inattendu de cette première édition, l'organisation cherche un partenaire automobile plus fiable qu'une agence de location — et le trouve chez Land Rover, qui fournit des Range Rover Classic deux portes V8 flambant neuves pour l'édition 1981, à Sumatra (Indonésie). C'est le début d'un partenariat qui durera dix-huit ans.

1982, Papouasie-Nouvelle-Guinée : la première édition internationale

En 1982, l'épreuve s'internationalise pour la première fois avec des équipes allemandes, néerlandaises, italiennes et américaines. Le parcours en Papouasie-Nouvelle-Guinée, marqué par la rencontre avec les populations tribales les plus isolées de la planète, popularise une image restée célèbre : celle des « Mud Men » (hommes de boue), guerriers au masque d'argile séchée juchés sur le toit des Range Rover — bien que des recherches anthropologiques ultérieures, dans les années 1990, suggèrent que cette tradition ait en réalité été réinventée dans les années 1950 à l'intention des touristes.

1983, Zaïre : la seule apparition de la Series Land Rover

En 1983, le Camel Trophy traverse le Zaïre du dictateur Mobutu Sese Seko, de Kinshasa à Kisangani — et c'est la seule et unique participation d'un modèle Series à l'épreuve : des Series III 88 pouces pour les équipes, des 109 pouces pour le soutien logistique, tous motorisés en diesel 2,25 litres, dans leur dernière année de fabrication en grande série avant le passage au One Ten (voir De la Series III au nom « Defender » — la transition en deux temps (1983-1990)). Un camion de soutien 109 pouces est entièrement détruit par un incendie accidentel provoqué par un journaliste italien renversant un poêle à huile près des jerricans — la carrosserie en aluminium ayant intégralement fondu sous l'effet de la chaleur, le moteur redémarrera pourtant sans difficulté une fois refroidi, illustration frappante de la robustesse mécanique du modèle (voir Une mécanique pensée pour être réparée n'importe où).

1984-1986 : l'âge d'or amazonien et l'épisode héliporté de Bornéo

En 1984, l'épreuve revient en Amazonie brésilienne avec les tout nouveaux Land Rover One Ten, franchissant des rivières en crue au moyen de ponts de fortune construits à la volée avec des arbres abattus et treuillés. En 1985, direction Bornéo (Indonésie) avec les tout nouveaux Land Rover Ninety pour les concurrents (One Ten pour le soutien) : une mousson particulièrement intense noie littéralement les véhicules — surnommés « sous-marins jaunes » par les participants — au point que l'organisation doit recourir à un hélicoptère de levage lourd pour transporter les véhicules (portières et chargement démontés au préalable) au-dessus de tronçons de piste totalement emportés par les eaux, un épisode resté l'un des plus iconiques de toute l'histoire de l'épreuve. En 1986, direction l'Australie du nord, un parcours nettement plus rapide (2 000 miles en 13 jours par temps sec) marqué par la première participation d'équipes britanniques — six ans après la création de l'épreuve, fait cocasse pour ce qui est pourtant perçu comme la vitrine par excellence du 4x4 britannique.

Une identité visuelle stable dès l'origine

Dès ces premières années se fixent les codes visuels durables de l'épreuve : la teinte jaune sable « Sandglow », puisée directement dans le nuancier Land Rover d'origine, et un écusson Camel Trophy directement inspiré du logo de la marque de cigarettes sponsor.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
roverparts.com (Atlantic British Ltd., auteur Greg Fitzgerald) ; en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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