Les diesels du Defender — Diesel Turbo, 200Tdi, 300Tdi, Td5 puis Ford Duratorq
1986 : le premier turbodiesel Land Rover
Face à la percée commerciale des 4x4 japonais mieux motorisés, Land Rover turbocompresse en septembre 1986 son diesel 2,5 litres atmosphérique (lui-même une évolution à plus grande course du 2,25 litres historique) : le « Diesel Turbo » gagne un vilebrequin redessiné, des pistons à revêtement téflon et des soupapes d'échappement en acier Nimonic pour encaisser les températures internes plus élevées, un ventilateur à huit pales et un radiateur d'huile. Résultat : 85 ch, soit 13 % de plus que la version atmosphérique, et un couple en hausse de 31,5 %. Les tout premiers exemplaires souffrent d'une réputation de fiabilité médiocre (avaries du bas-moteur, pistons fissurés), en grande partie corrigée par un bloc et des coussinets de bielle révisés en 1988 puis un système de reniflard redessiné en 1989.
1990 : le 200Tdi, contemporain du nom « Defender »
Lancé en 1990 en même temps que le Discovery — et donc contemporain, sans lien de cause à effet direct, du changement de nom en « Defender » (voir De la Series III au nom « Defender » — la transition en deux temps (1983-1990)) — le 200Tdi conserve le bloc, le vilebrequin, les paliers et la distribution par courroie du Diesel Turbo, mais gagne une culasse en alliage moderne, une turbocompression et un refroidissement d'air de suralimentation (intercooler) améliorés, une injection directe, et surtout un système de reniflard doté d'un séparateur d'huile qui règle enfin le principal défaut du Diesel Turbo (réaspiration de l'huile du carter). Puissance : 107 ch et 264 N.m, soit un gain d'environ 25 % par rapport au moteur qu'il remplace (légèrement bridé sur le Defender par rapport à la version Discovery, pour des raisons de position de turbo et de tracé d'échappement). Ce moteur permet enfin au Defender de tenir des vitesses de croisière routières élevées et de tracter en côte sans peiner.
1994 : le 300Tdi
Bien que de cylindrée identique, le 300Tdi de 1994 est une conception quasiment nouvelle plutôt qu'une simple évolution du 200Tdi, produisant la même puissance (111 ch, 264 N.m) mais avec un niveau de raffinement supérieur, partagé à l'identique entre Defender et Discovery.
1998 : le Td5, cinq cylindres et électronique embarquée
Le durcissement des normes antipollution européennes (Euro III) rend le Tdi obsolète : Land Rover le remplace en 1998 par le Td5, un tout nouveau turbodiesel 2,5 litres à cinq cylindres en ligne, à gestion électronique intégrale, développant 122 ch (11 ch de plus que le Tdi) avec un meilleur raffinement. Les puristes de la marque expriment des réserves sur la complexité électronique embarquée, craignant sa fiabilité en conditions extrêmes — des craintes que l'usage prolongé ne confirmera pas.
Un intermède sud-africain : le six-cylindres essence BMW M52 (1997-2001)
Un cas particulier mérite d'être signalé : entre 1997 et 2001, pendant la période où le groupe Rover appartient à BMW, Land Rover Afrique du Sud commercialise un Defender 90/110 équipé du six-cylindres essence BMW M52 de 2,8 litres (le même bloc que la BMW 328i), 192 ch — la version la plus rapide (0 à 100 km/h en 9,3 s) et la plus puissante jamais produite en série du Defender classique, née d'une collaboration technique confidentielle démarrée en 1996 (prototypes surnommés « Green Mamba »), assemblée à Rosslyn près de Pretoria, à seulement 1 395 exemplaires. Ce projet répondait à une demande locale de motorisation essence après l'arrêt du V8 3,5 litres.
2007-2016 : la fin de l'ère Land Rover, le passage chez Ford (Puma) puis l'arrêt
À partir du printemps 2007 (modèle « L316 »), pour répondre aux nouvelles normes d'émissions et de sécurité, le Td5 — dernier moteur Land Rover jamais assemblé en interne à Solihull — cède la place à un moteur de la famille Ford DuraTorq « Puma », un 2,4 litres construit à l'usine Ford de Dagenham (le même bloc que le Ford Transit alors en pleine réussite commerciale), adapté pour la lubrification et l'étanchéité en usage tout-terrain extrême. Puissance identique (122 ch) mais couple en hausse (359 N.m contre 300) grâce à une turbine à géométrie variable, associé à une nouvelle boîte six rapports. En 2012, ce moteur est remplacé par une version 2,2 litres de la même famille (ZSD-422), pour des raisons de coût de mise en conformité Euro V plutôt que de performance, avec l'ajout d'un filtre à particules — dernière évolution motrice avant l'arrêt de la production en janvier 2016 (voir La fin de la production originale — 29 janvier 2016, 68 ans de lignée).
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Land_Rover_Defender ↗
- La fin de la production originale — 29 janvier 2016, 68 ans de lignéeLand Rover Series I/II/III & Defender · Histoire et genèse
- Les moteurs des Series I à III — du 1,6 litre au six-cylindresLand Rover Series I/II/III & Defender · Moteur
- Le Land Rover Wolf — le Defender militaire « à haute spécification » de 1994Land Rover Series I/II/III & Defender · Usages militaires et professionnels
- De la Series III au nom « Defender » — la transition en deux temps (1983-1990)Land Rover Series I/II/III & Defender · Histoire et genèse
- Les moteurs des Series I à III — du 1,6 litre au six-cylindresLand Rover Series I/II/III & Defender
- 200Tdi, 300Tdi, Td5 : les diesels du Discovery, une histoire partagée avec le DefenderLand Rover Discovery
- De la Series III au nom « Defender » — la transition en deux temps (1983-1990)Land Rover Series I/II/III & Defender
- Le Land Rover Wolf — le Defender militaire « à haute spécification » de 1994Land Rover Series I/II/III & Defender
- Les diesels Ingenium : du 4-cylindres 2,0 litres au 6-cylindres 3,0 litres, un même nom pour deux moteursLand Rover Defender