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§ 12 · Culture documentation

Sous-cotées longtemps, réévaluées aujourd'hui : la Bora et la Merak face à Ferrari et Lamborghini

Maserati Bora et Merak · 1971–1978 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Deux fois éclipsées à leur propre lancement

Comme le rappelle Giugiaro et la genèse stylistique de la Bora : de la Manta à l'ombre du Countach, la Bora a le malheur d'être présentée au Salon de Genève 1971 le même jour que la Lamborghini Countach, puis d'être à nouveau reléguée au second plan quelques mois plus tard à Turin par la révélation de la Ferrari 365 GT4 BB. Le magazine britannique Top Gear résume cette double malchance en qualifiant rétrospectivement la Bora de « héros méconnu » (unsung hero) des années 1970 — une voiture au moins aussi accomplie techniquement que ses rivales plus célébrées, mais restée dans leur ombre médiatique dès l'origine.

Une rivalité assumée avec l'Urraco et la Dino, jamais tranchée

La Merak, elle, est conçue dès l'origine pour concurrencer la Lamborghini Urraco et la lignée Dino de Ferrari (voir Octobre 1972 : le Salon de Paris et la stratégie du partage des coûts derrière la Merak) — sans jamais rivaliser sur le seul terrain des performances pures, où la Dino 308 GT4 conserve l'avantage. Sa carte à jouer est ailleurs : un comportement routier jugé vif et agile, une insonorisation et un confort supérieurs, et un grand coffre avant pratique — des arguments qui n'ont, à l'époque, pas suffi à égaler le succès commercial de ses rivales transalpines.

Une remontée des valeurs mesurable, mais non linéaire

Les ventes aux enchères recensées par supercars.net illustrent une nette remontée des valeurs sur la dernière décennie : en 2011, plusieurs Bora s'échangeaient encore entre 41 000 et 92 500 dollars lors des ventes de Monterey ; dès 2015, des exemplaires comparables franchissaient la barre des 130 000, voire 264 000 dollars pour les exemplaires les mieux documentés. Les données de suivi de marché publiées par Hagerty à l'été 2026 confirment une Bora 4,9 litres en bonne condition autour de 119 000 dollars, avec toutefois une variation annuelle marquée (+8,2 % sur un an, mais -15 % sur trois ans) qui illustre combien ce segment reste, encore aujourd'hui, sujet à d'importantes fluctuations plutôt qu'à une progression continue et linéaire.

La Merak, une porte d'entrée reconnue vers la Maserati à moteur central

Le guide d'achat publié par Hagerty résume bien la place qu'occupe aujourd'hui la Merak dans l'imaginaire collectionneur : une alternative « qui n'est pas tout à fait aussi omniprésente que la Ferrari 308 », permettant de découvrir à moindre coût l'expérience d'une GT italienne à moteur central des années 1970 — un discours de réévaluation progressive qui contraste avec la discrétion commerciale du modèle à l'époque de sa commercialisation.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
topgear.com ; hagerty.com ; supercars.net ; classicandsportscar.com
Date d'extraction
13 sept. 2026
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