Fiabilité et points de vigilance de la 604 — une mécanique plus saine que sa réputation
Contrairement à l'image d'une voiture fragile que sa réputation commerciale mitigée pourrait laisser supposer (voir Pourquoi la 604 n'a pas trouvé son public — anatomie d'un échec commercial), la 604 se révèle, à l'usage et sur la durée, une mécanique fondamentalement saine — un constat que confirment aussi bien les enquêtes de fiabilité d'époque que les diagnostics de propriétaires actuels de youngtimers.
Une base mécanique robuste
Selon le journaliste Stéphane Schlesinger (caradisiac.com), les enquêtes menées à l'époque montraient déjà une voiture « bien née et fiable », les principaux ennuis relevés étant périphériques et le plus souvent d'origine électrique, aggravés par des accessoires jugés peu solides. Le moteur V6 PRV lui-même (voir Le V6 PRV de la 604 — du carburateur poussif au GTI 2,8 litres, sans jamais l'allumage régulier), la boîte de vitesses (voir Transmission et boîtes de vitesses de la 604 — de la boîte GM à la boîte ZF) et les trains roulants (voir Trains roulants et freinage de la 604 — un châssis salué dès le lancement) sont décrits comme robustes. La distribution, assurée par chaîne plutôt que par courroie, ne demande pratiquement aucun entretien spécifique — un avantage non négligeable pour un usage au long cours.
Un point sensible : l'injection et les longues périodes d'inactivité
Sur les versions à injection (TI, STI, GTI), le système Bosch K-Jetronic n'apprécie pas les longues périodes sans utilisation — un point à surveiller particulièrement pour un véhicule de collection qui roule peu, et qui rejoint une remarque déjà documentée côté 505 sur ce même type d'injection mécanique (voir peugeot-505/02-moteur/moteur-v6-prv-manetons-decales-505.md).
Le vrai point faible : la corrosion
Le défaut structurel le plus régulièrement cité est la corrosion, susceptible d'attaquer plusieurs zones caractéristiques :
- le tour de pare-brise ;
- les ailes avant ;
- les bas de caisse ;
- les évacuations du toit ouvrant.
Selon caradisiac.com, les exemplaires fabriqués dans les années 1980 sembleraient toutefois mieux protégés contre ce défaut que les tout premiers modèles de 1975-1976 — une nuance à garder à l'esprit pour l'inspection d'un exemplaire ancien.
Des selleries qui vieillissent bien
Dans l'habitacle, les selleries — en particulier celles en cuir, jugées d'excellente qualité — vieillissent plutôt bien avec le temps, un contraste avec les critiques par ailleurs adressées à la qualité perçue des plastiques de la planche de bord (voir L'habitacle de la 604 et la controverse du volume de coffre).
Une disponibilité des pièces jugée étonnamment bonne
Point notable pour un modèle aussi confidentiel : le Club 604 Peugeot Officiel se targue de pouvoir fournir à peu près toutes les pièces détachées nécessaires à l'entretien courant d'une 604, au point que Schlesinger juge la voiture apte à un usage pratiquement quotidien aujourd'hui encore — un constat qu'il qualifie lui-même d'« étonnant » pour une auto aussi rare. Une astuce technique publiée sur le forum du club illustre bien cette vie communautaire active autour du modèle : un conseil pratique, signé du contributeur Jean-Claude Debaulieu, détaille comment démonter et remonter les vérins de coffre à l'aide d'un simple serre-joint à vis, à défaut d'une pince multiprise — signe d'une petite communauté de propriétaires qui continue à s'échanger des solutions d'entretien pratique plutôt que de laisser le modèle sombrer dans l'oubli.
Un mythe technique à écarter : le prétendu « bus CAN » de la 604
Un commentaire publié sous un article de newsdanciennes.com attribue une partie des ennuis électriques de la 604 à un système de câblage multiplexé (« bus CAN ») qui aurait, selon son auteur, économisé du poids de câblage au prix de pannes en cascade (clignotants déclenchant l'avertisseur, les phares ou le verrouillage des portes), et impute la décision à un refus de payer des royalties à un inventeur allemand par le PDG Jacques Calvet. Cette affirmation est directement contredite par un autre lecteur du même fil de commentaires, qui rappelle à juste titre que c'est la Peugeot 605 qui était multiplexée, la 604 datant de 1975 — une chronologie qui rend d'ailleurs l'attribution à Jacques Calvet, arrivé à la présidence de Peugeot seulement en 1984, matériellement incohérente avec le lancement de la 604 neuf ans plus tôt. Ce mythe technique, probablement né d'une confusion entre les deux modèles, est consigné ici pour mémoire, mais ne doit pas être reproduit comme un fait établi.
Voir aussi
- Site source
- caradisiac.com (Stéphane Schlesinger, décembre 2024), club604peugeot.fr
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
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