Habiller une Camaro en Pontiac — le style de la première génération sous la direction de Jack Humbert
Un exercice de style sous contrainte extrême
Chargé de différencier visuellement la Firebird de sa jumelle de plateforme Camaro en à peine six mois, le chef styliste maison Jack Humbert ne dispose d'aucune marge pour une intervention en profondeur sur la tôlerie du F-body : la caisse, les portières et l'essentiel du profil restent ceux de la Camaro. Tout doit donc se jouer sur les extrémités et les détails — un exercice de style contraint qui deviendra, avec le recul, la marque de fabrique de la différenciation Pontiac au sein de General Motors pour les décennies suivantes.
Le nez pointu, signature immédiate de la marque
La solution retenue par Humbert et son équipe consiste en un ensemble pare-chocs/calandre pointu et proéminent, ajoutant environ 10 cm à la longueur totale de la voiture par rapport à la Camaro, associé à des phares doubles empilés. Cette silhouette de « bec » distinctif inaugure une tendance stylistique qui se prolongera sur d'autres Pontiac de la période. À l'arrière, des feux à fentes horizontales reprennent directement un motif déjà utilisé sur la GTO et la Grand Prix 1966-1967, offrant une cohérence de gamme immédiatement lisible malgré la parenté mécanique avec Chevrolet. Quelques chromes discrets sur les ailes arrière achèvent de rompre la silhouette autrement identique à celle de la Camaro.
La ligne « bouteille de Coca-Cola », un héritage partagé
Comme la Camaro de la même génération, la Firebird de 1967-1969 adopte la ligne dite « bouteille de Coca-Cola » caractéristique du dessin originel du F-body — une silhouette resserrée à la ceinture de caisse et galbée sur les ailes, abandonnée dès la deuxième génération de 1970 au profit d'un dessin plus fuselé (voir La deuxième génération (1970-1975) — la « 1970½ », le paquet Trans Am consolidé et une annulation évitée de justesse). Deux carrosseries seulement sont proposées sur cette première génération, coupé et cabriolet — la version cabriolet perdant une part significative de sa rigidité de caisse par rapport au coupé, compensée par l'ajout de quatre amortisseurs hydrauliques d'angle de 16 kg chacun, ce qui explique l'écart de poids notable entre les deux carrosseries.
Des évolutions mineures mais réglementairement significatives
Le millésime 1968 impose l'ajout de feux de position latéraux exigés par la nouvelle réglementation fédérale de sécurité, ainsi que la suppression des vitres déflectrices avant au profit d'un système de ventilation forcée « Astro Ventilation ». Le restylage de 1969, avec sa nouvelle calandre, est unanimement jugé moins abouti que le dessin originel de 1967 par la critique de l'époque comme par les sources historiques ultérieures — un rare aveu de recul stylistique dans l'histoire par ailleurs plutôt positive du design Firebird.
Voir aussi
- La première génération (1967-1969) — trouver une identité propre sous la carrosserie Camaro
- La genèse de la Firebird — le lot de consolation d'une Pontiac Banshee refusée par la direction (1966-1967)
- Le « Screaming Chicken » — de l'emblème amérindien du logo Pontiac au décalque de capot le plus reconnaissable de l'automobile américaine
- Site source
- ateupwithmotor.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
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