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§ 07 · Carrosserie

Aileron dorsal, portes suicide, absence de lunette arrière — l'inventaire des radicalités stylistiques de la T77/T87

Tatra T77/T87 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'aileron dorsal : une fonction réelle, mais limitée

L'élément le plus immédiatement reconnaissable de la silhouette T77/T87 reste son aileron dorsal, courant depuis le sommet du pavillon jusqu'à l'extrémité arrière de la carrosserie. Sa fonction n'est pas purement esthétique : selon Wikipédia, il contribue à répartir la pression de l'air de part et d'autre du véhicule, une technique reprise plus tard en aéronautique sous forme de dérive verticale. Un commentateur technique cité dans le cadre de la fiche consacrée à la Tatra 603 (voir La Tatra 603 (1956-1975) — la limousine V8 réservée aux dignitaires du bloc communiste) relativise cependant fortement son efficacité réelle sur une automobile : contrairement à un avion ou un dirigeable, dont la trajectoire et la vitesse varient peu une fois en vol stabilisé, une automobile change sans cesse de direction et de vitesse — un contexte où une dérive verticale fixe apporte un bénéfice beaucoup plus limité. Ce constat, formulé rétrospectivement, explique pourquoi Tatra abandonne l'aileron dès le restylage de la T603 en 1956, au profit d'un becquet nettement moins prononcé et de deux vitres arrière.

Pas de lunette arrière — un choix radical assumé

Autre parti pris extrême : la T77 comme la T87 ne comportent, à l'origine, aucune véritable lunette arrière. La visibilité vers l'arrière se limite à ce que l'on peut discerner à travers de fines fentes ou de petites ouvertures ménagées dans la tôle et les cloisons séparant l'habitacle du compartiment moteur, complétées par les lamelles d'aération nécessaires au refroidissement du moteur arrière. Plusieurs témoignages de propriétaires contemporains (voir Quatorze ans au volant d'une T87 — le témoignage de référence de l'historien Karl Ludvigsen) relativisent toutefois ce défaut supposé : la visibilité arrière réelle, une fois habitué, serait meilleure que ne le laisse penser l'allure extérieure de la voiture — même si un rétroviseur extérieur reste indispensable.

Des portes aux charnières inversées

Les portes avant de la T87 sont à charnières arrière — configuration aujourd'hui couramment surnommée « portes suicide » —, tandis que les portes arrière conservent des charnières avant classiques. Ce choix, courant sur de nombreuses automobiles d'avant-guerre, cesse d'être la norme après-guerre pour des raisons de sécurité (risque d'ouverture accidentelle à vitesse élevée), mais reste caractéristique de toute la génération T77/T87.

Le pare-brise en trois parties, et le mythe du phare directionnel

Le pare-brise se compose, sur la plupart des exemplaires, d'un large panneau central et de deux panneaux latéraux fortement inclinés, épousant les flancs arrondis de la carrosserie — une singularité esthétique immédiatement reconnaissable, comparée par certains observateurs à un cockpit d'avion. La T77a (1935) ajoute un troisième phare central, dont la légende veut qu'il ait pivoté avec la direction pour éclairer l'intérieur des virages : Wikipédia dément explicitement cette affirmation pourtant répétée par plusieurs sources automobiles spécialisées — voir le détail complet de cette correction dans T77 puis T77a — versions, particularités techniques et le mythe du phare central directionnel.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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