La Tatra 87 (1936-1950) — la remplaçante plus légère, plus rapide et produite en plus grand nombre
Corriger les défauts de la T77
Hans Ledwinka n'est jamais pleinement satisfait de la tenue de route de la Tatra 77, pénalisée par un arrière trop lourd (voir La Tatra 77 (1934) — la première automobile de série conçue selon des principes aérodynamiques et Une tenue de route réellement délicate à la limite — ce que montrent un essai Vauxhall d'époque et un tonneau au musée Lane en 2021). Il engage dès 1934-1935 le développement d'une remplaçante plus légère et mieux équilibrée : la Tatra 87, présentée en 1936.
Plus courte (empattement de 2 850 mm contre 3 150 mm pour la T77), plus légère (1 370 kg contre 1 700-1 800 kg) et à carrosserie entièrement nouvelle, la T87 conserve l'architecture générale de sa devancière — châssis-poutre, suspension entièrement indépendante à essieux oscillants arrière, moteur V8 arrière refroidi par air — mais introduit une évolution technique majeure : c'est la première Tatra à associer le refroidissement par air à un arbre à cames en tête entraîné par chaîne, un par rangée de cylindres, ouvrant les soupapes disposées en V par l'intermédiaire de culbuteurs. Chaque culasse en aluminium est coulée individuellement. Construit « comme un moteur d'avion léger » selon Karl Ludvigsen (voir son témoignage détaillé dans Quatorze ans au volant d'une T87 — le témoignage de référence de l'historien Karl Ludvigsen), il en a aussi l'apparence lorsque le vaste capot arrière à lamelles est ouvert.
Caractéristiques et performances
Le moteur V8 de 2,97 litres développe, selon les sources, entre 74 et 85 ch selon la méthode de mesure et l'année (voir sources/verification-croisee.md pour le détail de cette divergence) — une différence non négligeable qui reste dans tous les cas modeste au regard des performances obtenues : vitesse de pointe proche de 160 km/h (96 à 103 mph selon le type de pneumatiques), ce qui la classe parmi les automobiles de série les plus rapides de son temps, alors que des concurrentes de la même catégorie utilisaient des moteurs de cylindrée presque double pour atteindre des performances comparables. Grâce à sa forme aérodynamique (voir 0,21 ou 0,36 ? Résoudre la controverse du coefficient de traînée de la T77/T87), sa consommation reste contenue à environ 12,5 l/100 km, contre 20 l/100 km pour ses concurrentes directes.
La carrosserie, en carénage fastback à aileron dorsal, ne comporte pas de lunette arrière à proprement parler : la visibilité arrière passe par de petites fenêtres ménagées dans les cloisons séparant l'habitacle, le compartiment à bagages et le compartiment moteur, complétées par les lamelles d'aération du moteur refroidi par air. L'ensemble du panneau arrière s'ouvre pour donner accès au moteur. Les portes avant, à charnières arrière (dites « portes suicide »), s'opposent aux portes arrière à charnières avant classiques.
Une production continue à travers la guerre
La production de la T87 se poursuit sans discontinuer à travers l'annexion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne nazie (1938-1939) et l'ensemble de la Seconde Guerre mondiale — avec, selon une source, de brefs arrêts en 1943 et 1944, quand une autre source évoque au contraire une continuité totale jusqu'en 1950. Contrairement à sa petite sœur la Tatra 97, dont la production est interrompue dès 1939 (voir La Tatra 97 (1936-1939) — la « petite sœur » à quatre cylindres, au cœur de la controverse Volkswagen et La controverse Tatra-Porsche-Volkswagen — chronologie et rigueur factuelle d'un contentieux réel), la T87 reste en production après la prise de contrôle de l'usine par les autorités allemandes — elle devient même, comme le détaille Sous occupation allemande (1938-1945) — Kopřivnice annexée, la T87 « autoroutière », les camions T111 pour le Reich, une voiture prisée par les officiers allemands de haut rang pour circuler sur les autoroutes du Reich.
Au total, 3 056 exemplaires de la Tatra 87 sont construits entre 1936 et 1950 — un chiffre remarquablement stable d'une source à l'autre, l'un des rares de ce dossier à faire consensus total. Entre 1950 et 1953, une partie des derniers châssis T87 reçoit un moteur V8 de 2,5 litres plus moderne, dérivé de celui de la future Tatra 603 (voir De 854 cm³ à 3,5 litres — l'évolution des moteurs Tatra à moteur arrière, du V570 à la T603), avant l'arrêt définitif de la lignée aérodynamique classique au profit de la Tatraplan (voir Nationalisation et Tatraplan (1946-1952) — la lignée aérodynamique survit, mais change de mains).
Voir aussi
- La Tatra 77 (1934) — la première automobile de série conçue selon des principes aérodynamiques
- 0,21 ou 0,36 ? Résoudre la controverse du coefficient de traînée de la T77/T87
- Une tenue de route réellement délicate à la limite — ce que montrent un essai Vauxhall d'époque et un tonneau au musée Lane en 2021
- Sous occupation allemande (1938-1945) — Kopřivnice annexée, la T87 « autoroutière », les camions T111 pour le Reich
- Rois, maréchaux, écrivains et présidents communistes — la liste stupéfiante des propriétaires connus de la T87
- Zikmund et Hanzelka — le tour du monde de 3 ans et demi qui a fait de la T87 une légende populaire tchécoslovaque
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Tatra_87 ↗
- Nationalisation et Tatraplan (1946-1952) — la lignée aérodynamique survit, mais change de mainsTatra T77/T87 · Histoire et modèles
- La controverse Tatra-Porsche-Volkswagen — chronologie et rigueur factuelle d'un contentieux réelTatra T77/T87 · Histoire et modèles
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- Hans Ledwinka — biographie de l'ingénieur autrichien qui a inventé la « conception Tatra »Tatra T77/T87
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- Une cote très dispersée — de 41 000 à 390 000 dollars pour une T87 aux enchèresTatra T77/T87
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