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§ 09 · Conduite

Quatorze ans au volant d'une T87 — le témoignage de référence de l'historien Karl Ludvigsen

Tatra T77/T87 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un témoin exceptionnel

Karl Ludvigsen, historien automobile reconnu, a possédé et conduit régulièrement une Tatra 87 de 1947 pendant quatorze ans, avant de la revendre... au romancier d'aventures Clive Cussler. Son témoignage détaillé, publié sur VeloceToday, constitue l'une des sources les plus riches et les plus nuancées rassemblées pour ce dossier — un contrepoint direct et vécu aux nombreuses anecdotes de seconde main qui circulent sur la voiture.

Direction, boîte de vitesses, comportement général

Ludvigsen décrit une direction à crémaillère qu'il juge « sublime — légère, directe, précise comme un outil de mécanique de précision ». La boîte de vitesses, en revanche, trahit son âge : course de levier longue et appuyée, grille peu précise, absence de synchronisation sur la première et la marche arrière. Les première et deuxième vitesses sont relativement courtes, bien adaptées aux terrains vallonnés ; le 60 mph (95 km/h) s'atteint sans peine en troisième, et la voiture croise confortablement à toute vitesse routière raisonnable.

Sur la tenue de route, son jugement rejoint et nuance à la fois la réputation sulfureuse de la voiture (voir Une tenue de route réellement délicate à la limite — ce que montrent un essai Vauxhall d'époque et un tonneau au musée Lane en 2021) : amortie uniquement en détente, et fermement, la T87 « négocie brillamment une large gamme de surfaces » ; les routes mouillées demandent de la vigilance, mais une conduite raisonnable en fait, selon lui, un plaisir de conduite. Il rapporte avoir lui-même vécu l'épreuve du feu : un éclatement de pneu arrière à pleine vitesse sur l'autoroute du Connecticut, où le moment d'inertie polaire élevé de la voiture et la rapidité de sa direction lui ont permis de reprendre le contrôle malgré un angle de dérapage important — un test grandeur nature qu'il ne recommande à personne, mais qui illustre concrètement les qualités dynamiques réelles du véhicule en dehors des situations extrêmes provoquées volontairement.

Des sensations de conduite uniques

Ludvigsen évoque une « concaténation d'impressions » : le grondement sourd et amical du V8 loin à l'arrière, le tableau de bord complet face au conducteur, la vue du monde extérieur à travers le pare-brise en trois parties, et les réactions stupéfaites des autres automobilistes croisés en chemin. Son ami Luigi Chinetti Jr. (fils du célèbre pilote et importateur Ferrari), après avoir pris le volant, aurait comparé l'expérience à un croisement entre un autocar Greyhound et un chasseur P-51 Mustang criblé de trous d'obus dans l'aile droite — une formule restée célèbre parmi les amateurs anglophones de la marque.

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Provenance de cette fiche
Site source
velocetoday.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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