Un accueil critique glacial à Monza, puis un triomphe commercial
Une appréhension de la direction, vite confirmée
La direction d'Alfa Romeo craignait, avant même la présentation du 27 juin 1962, que la ligne radicalement nouvelle de la Giulia ne soit pas bien accueillie par une presse spécialisée habituée aux formes rondes et chromées de la Giulietta, alors modèle très aimé du public italien. Cette appréhension se révèle fondée : dans les jours qui suivent la présentation à la presse sur l'Autodromo de Monza, de nombreux articles expriment perplexité, voire franche hostilité, à l'égard de ce profil jugé étrange, fait d'une accumulation de sculptures convergeant vers une queue jugée « incroyablement tronquée ». Une formule reprise par plusieurs témoins de l'époque résume cette première impression très négative : la voiture aurait, selon certains, littéralement l'air d'avoir été « embouti à l'arrière », comme après une collision.
Quattroruote elle-même se montre partagée
La revue de référence italienne Quattroruote, pourtant peu suspecte de sensationnalisme, publie à l'époque un jugement nuancé mais loin d'être élogieux : une esthétique qualifiée d'originale mais peut-être trop travaillée, un avant réussi mais un arrière jugé excessivement tronqué. Le directeur de la revue, Gianni Mazzocchi, va plus loin en confiant que la ligne de la Giulia TI lui paraît, au premier regard, franchement déconcertante et peu convaincante — tout en reconnaissant que l'œil finit par s'y habituer, et en suggérant que les stylistes ont peut-être poussé trop loin leur recherche d'originalité dans le détail.
Le temps, meilleur juge que la première impression
Ce scepticisme initial se dissipe cependant rapidement. En quelques années, la Giulia TI devient un objet de désir et d'admiration, en Italie comme à l'étranger, portée par ses qualités mécaniques et routières autant que par une ligne à laquelle le public finit par s'habituer puis par s'attacher. Le succès commercial qui suit (plus d'un million d'exemplaires toutes carrosseries confondues sur l'ensemble de la carrière, voir Production et sites d'assemblage — du Portello à Arese, et au-delà de l'Italie) contredit largement, a posteriori, la sévérité du jugement initial porté par une partie de la presse spécialisée en 1962 — un cas d'école de voiture techniquement en avance sur son temps mais d'abord mal reçue sur le plan esthétique, à mettre en regard (par contraste plutôt que par similitude d'accueil) avec le triomphe stylistique immédiat de la Citroën DS en 1955 : voir Un Cx de 0,34 — quand l'aérodynamique dicte la ligne d'une berline familiale pour le détail de cette comparaison.
Une allégation non confirmée à signaler
Une caractérisation familière parfois associée à la Giulia dans la mémoire populaire italienne, le surnom « il gobbone » (le bossu), n'a pu être retrouvée dans aucune des sources consultées lors de cette session, malgré plusieurs recherches ciblées. Ce corpus ne retient donc pas cette appellation comme un fait établi et documenté ; si une source fiable venait à la confirmer ultérieurement, la présente fiche devra être mise à jour en conséquence (voir sources/verification-croisee.md).
Voir aussi
- Site source
- alvolante.it
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La deuxième série (1972-1977) — Super unifiée puis Nuova SuperAlfa Romeo Giulia · Histoire et modèles
- Le dessin de la Giulia — Centro Stile, Giuseppe Scarnati et Ivo ColucciAlfa Romeo Giulia · Carrosserie aerodynamique
- Un Cx de 0,34 — quand l'aérodynamique dicte la ligne d'une berline familialeAlfa Romeo Giulia · Carrosserie aerodynamique
- La Giulia TI (1962-1967) — la première de la lignéeAlfa Romeo Giulia · Histoire et modèles
- Production et sites d'assemblage — du Portello à Arese, et au-delà de l'ItalieAlfa Romeo Giulia · Histoire et modèles
- Le comparatif Quattroruote de 1965 — la Giulia face à douze rivalesAlfa Romeo Giulia
- Le lancement de mai 1972 à TriesteAlfa Romeo Alfetta
- La Giulia TI (1962-1967) — la première de la lignéeAlfa Romeo Giulia
- Le dessin de la Giulia — Centro Stile, Giuseppe Scarnati et Ivo ColucciAlfa Romeo Giulia
- La Giulia au cinéma — vedette malgré elle du « poliziottesco » italienAlfa Romeo Giulia
- La deuxième série (1972-1977) — Super unifiée puis Nuova SuperAlfa Romeo Giulia
- Un Cx de 0,34 — quand l'aérodynamique dicte la ligne d'une berline familialeAlfa Romeo Giulia