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§ 07 · Carrosserie

Gerry Coker — le dessinateur qui n'avait jamais conçu de voiture complète

Austin-Healey 100/3000 (« Big Healey ») · 1953–1967 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La silhouette qui a fait la réputation de l'Austin-Healey doit tout à un homme qui, selon ses propres mots, n'avait jamais dessiné de voiture complète avant de rejoindre Donald Healey.

Un débutant à qui l'on confie tout

Gerry Coker rejoint la Donald Healey Motor Company en 1950 comme ingénieur carrosserie — selon la biographie de l'Austin-Healey Club of America, il venait de chez Rootes. Bien qu'il ne soit pas formellement styliste de formation, les Healey apprécient son sens de la ligne et sa capacité à imaginer des détails à la fois séduisants et réalisables en production, un atout décisif pour une entreprise aux moyens aussi limités. Le dessin de la future Healey Hundred lui est intégralement confié.

Un processus de création sous pression

Donald Healey, conscient de jouer gros sur ce nouveau modèle, encadre le travail de Coker de très près, multipliant les demandes de retouches tout au long du développement. Dans un entretien filmé accordé en 2008 à Steven Kingsbury, Coker racontera avoir fini par refuser de nouvelles modifications, estimant que le processus avait atteint un point de rendements décroissants — Healey accepte alors, non sans réserves, le dessin final. Le projet initial de Coker prévoyait de discrets ailerons arrière, supprimés sur ordre de Healey avant l'achèvement du premier prototype ; les deux hommes reconnaîtront plus tard que la voiture y gagnait en pureté de ligne.

C'est également Coker qui dessine le fameux pare-brise rabattable — une idée de Donald Healey lui-même — ainsi que l'écusson en forme de « flash » orné sur la calandre, et le tout premier badge « Austin-Healey », commandé dans l'urgence à un bijoutier local au moment de conclure l'accord du Salon de Londres 1952 (voir Le Salon de Londres 1952 — l'accord noué en une soirée entre Donald Healey et Leonard Lord). Il retouche lui-même la calandre à plusieurs reprises pour répondre aux doutes persistants de Healey, et relève également, pour la mise en production, les ailes avant afin de satisfaire aux exigences américaines de hauteur de phares.

De la Hundred au Sprite

Coker reste chez Healey suffisamment longtemps pour participer au dessin de la calandre ovale de la 100-6 (1956) et des carrosseries aérodynamiques des voitures de record de Bonneville (voir Bonneville, 1953-1956 — quatre étés à la chasse aux records de vitesse), avant de travailler, en toute fin de collaboration, sur les débuts du projet Q1/ADO13 — le futur Austin-Healey Sprite (voir « Big Healey » — un surnom né de l'arrivée du petit Austin-Healey Sprite). Il quitte l'entreprise en 1957 pour devenir ingénieur carrosserie chez Ford, aux États-Unis.

Un jugement qui s'inverse avec le temps

Malgré ses doutes initiaux sur le dessin de la calandre — au point de dissimuler le prototype derrière des massifs d'arbustes lors de sa présentation à Earls Court —, Donald Healey finira par déclarer que la toute première Hundred de Coker restait, selon lui, la plus réussie esthétiquement de toute la lignée, y compris par rapport aux versions ultérieures pourtant bien plus abouties mécaniquement.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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