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§ 01 · Histoire et modèles

Le Sprite Mark I (1958-1961) — la voiture qui n'avait pas prévu d'avoir des yeux de grenouille

MG Austin-Healey Sprite / MG Midget · 1958–1971 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le tout premier Sprite reste, plus de soixante ans après son lancement, l'exemplaire le plus immédiatement reconnaissable de toute la lignée — et le seul qui n'ait jamais eu d'équivalent badgé MG, le Midget n'apparaissant qu'à la génération suivante.

Des phares escamotables… jamais construits

Le dessin de la carrosserie est confié à Gerry Coker, le styliste maison de Donald Healey déjà auteur de la ligne de l'Austin-Healey 100 (voir Gerry Coker — le dessinateur qui n'avait jamais conçu de voiture complète, dossier austin-healey-3000/), avec des retouches ultérieures signées Les Ireland après le départ de Coker pour les États-Unis en 1957. Le dessin original de Coker prévoyait des phares rétractables, dont les optiques auraient basculé vers le ciel une fois éteintes — une solution que Porsche adoptera bien plus tard sur la 928. Ce mécanisme escamotable est cependant supprimé par la direction de BMC pour des raisons de coût pur, ne laissant que les optiques elles-mêmes, fixées en position définitivement relevée au sommet du capot, entre les ailes avant. Le résultat visuel, aussi accidentel qu'inattendu, donne au petit roadster son expression « souriante » caractéristique et immédiatement popularisée sous les surnoms Frogeye (Royaume-Uni) et Bugeye (États-Unis) — voir le détail de cette histoire et de son empreinte culturelle durable dans « Frogeye », « Bugeye », « Spridget » — la vie culturelle d'un trio de surnoms. Une anecdote rapportée par plusieurs sources veut que Coker lui-même, découvrant la voiture de série dans une concession américaine, se soit demandé si son ancienne équipe avait perdu la raison.

Une construction monocoque pionnière

Au-delà de l'anecdote esthétique, le Sprite Mk I constitue une étape technique notable : c'est, selon Wikipédia, la première voiture de sport produite en grande série au monde à adopter une construction monocoque (unitary construction), où la tôle de carrosserie elle-même — à l'exception du capot — reprend une large part des efforts structurels, sans châssis séparé. Le problème de la rigidité d'une carrosserie ouverte est résolu par Barry Bilbie, l'ingénieur châssis de Healey, qui adapte au petit roadster un principe déjà éprouvé sur la Jaguar Type D : canaliser les efforts de la suspension arrière à travers le plancher de caisse lui-même (voir le détail technique dans La carrosserie monocoque du Sprite/Midget et l'apport technique de Barry Bilbie). Deux longerons avant continuent cependant de se projeter en avant de l'habitacle, ce qui interdit de parler de monocoque « intégrale » au sens strict.

Une austérité budgétaire poussée jusqu'au bout

Le moteur est un quatre-cylindres A-Series de 948 cm³ emprunté à l'Austin A35 et à la Morris Minor 1000, ici gonflé à 43 ch grâce à deux carburateurs SU de 11⁄8 pouce (voir Le moteur A-Series sur Sprite et Midget — 948, 1098 puis 1275 cm³) ; la direction à crémaillère vient également de la Morris Minor, la suspension avant de l'Austin A35. À l'arrière, l'essieu est à la fois guidé et suspendu par des ressorts à lames quart-elliptiques. L'économie budgétaire va jusqu'à supprimer toute poignée de porte extérieure (il faut passer le bras à l'intérieur pour ouvrir) et tout couvre-malle : l'accès au coffre et à la roue de secours se fait en rabattant les dossiers de sièges vers l'avant, une manœuvre que de nombreux propriétaires ont comparée avec humour à de la spéléologie. Essayé par le magazine britannique The Motor en 1958, le Sprite atteint 133 km/h en pointe et abat le 0 à 97 km/h (60 mph) en 20,5 secondes, pour une consommation mesurée de 6,6 l/100 km — des chiffres honorables pour l'époque au vu du prix de vente.

Un beau succès commercial et sportif immédiat

48 987 Sprite « Frogeye » sont construits entre 1958 et 1961. Dès sa première année commerciale, le Sprite s'illustre en compétition : victoire de classe au Rallye des Alpes 1958 (John Sprinzel et Willy Cave), puis victoire de classe aux 12 Heures de Sebring 1959, qui marque son introduction remarquée sur le marché nord-américain (voir le détail du palmarès sportif dans Palmarès sportif du Sprite/Midget — Sebring, Le Mans, Alpine Rally).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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