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§ 04 · Expansion europeenne

Deux usines, deux trajectoires : Szeged en Hongrie avance, Manisa en Turquie reste à l'arrêt

BYD Seal · depuis 2022 · 3 min de lecture · extraite le 14 sept. 2026

Szeged, en Hongrie : la première usine automobile particulière chinoise en Europe

BYD annonce le 22 décembre 2023 la construction d'une usine à Szeged, en Hongrie — présentée comme la toute première usine de véhicules particuliers implantée en Europe par un constructeur automobile chinois. Un accord foncier avec la municipalité est signé le 30 janvier 2024, avec un objectif initial de mise en service dans les trois ans (soit début 2027 environ). Les capacités annoncées varient selon les sources, de 100 000-150 000 unités par an à un objectif étendu de 300 000 unités par an, pour un investissement total évoqué jusqu'à 4 milliards d'euros. En septembre 2025, BYD annonce viser un démarrage de la production « plus tard dans l'année », le premier modèle concerné étant la citadine Dolphin Surf/Seagull — une information que Reuters conteste alors, évoquant un report à 2026, ce que BYD dément publiquement en affirmant que la construction « se déroule comme prévu ». La production d'essai est effectivement confirmée en janvier-février 2026 : le maire de Szeged, László Botka, le confirme lors d'un évènement public le 2 février 2026. La montée en production de série, initialement espérée pour le deuxième trimestre 2026, est ensuite révisée par la vice-présidente exécutive de BYD, Stella Li, à un objectif désormais fixé au quatrième trimestre 2026 — le stade le plus avancé et le plus récent confirmé au moment de la rédaction de ce dossier (septembre 2026) étant la production d'essai, la production de série restant à ce stade un objectif annoncé plutôt qu'un fait acquis.

Manisa, en Turquie : un projet directement lié à un régime tarifaire local, resté à l'arrêt

Un second projet industriel européen est annoncé le 8 juillet 2024 par le président turc Recep Tayyip Erdoğan : un investissement d'un milliard de dollars à Manisa (zone industrielle organisée, près d'Izmir et du port d'Aliağa), pour une capacité visée de 150 000 unités par an (véhicules électriques et hybrides rechargeables), un centre de recherche et développement, et environ 5 000 emplois créés. Cette annonce intervient un jour seulement après l'entrée en vigueur, le 7 juillet 2024, d'un relèvement à 40 % du droit de douane additionnel turc sur les véhicules chinois importés (assorti d'un minimum de 7 000 dollars par véhicule) — la Turquie, hors Union européenne, appliquant son propre régime tarifaire distinct de celui de l'UE (voir Les droits de douane européens sur les véhicules électriques chinois : l'enquête, les taux, et les réactions) — un régime qui prévoit explicitement une exemption de ce droit de douane pour les constructeurs chinois investissant localement, ce qui éclaire directement le calendrier de l'annonce turque de BYD. Un panel de l'Organisation mondiale du commerce jugera par la suite, le 28 juillet 2026, que ce droit de douane turc viole les règles commerciales internationales. Le site de Manisa reste toutefois inoccupé pendant deux ans, sans début de construction effectif. À la mi-2025, plusieurs sources évoquaient une priorité donnée par BYD à la Turquie plutôt qu'à la Hongrie ; la situation s'inverse de nouveau en juin 2026, lorsque Stella Li déclare : « la Hongrie est actuellement la priorité numéro un. La seconde priorité sera de trouver un second site de production en Europe » — une formulation qui relègue implicitement le projet turc. Plusieurs facteurs documentés sont avancés pour expliquer ce blocage : des indications du ministère chinois du Commerce (MOFCOM) invitant les constructeurs chinois à conserver en Chine leurs technologies électriques les plus avancées, en citant nommément la Turquie ; un projet de règles européennes « Made in Europe » qui pourrait exclure des appels d'offres publics les véhicules chinois assemblés en Turquie ; et des menaces de pénalités évoquées par le ministère turc de l'Industrie en cas de non-réalisation du projet. À la date de cette recherche (14 septembre 2026), le projet turc est documenté comme suspendu plutôt que simplement retardé.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
malaymail.com, electrive.com, middleeasteye.net, turkishminute.com
Date d'extraction
14 sept. 2026
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