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§ 07 · Carrosserie

La genèse d'une silhouette — du Modèle A8 (1956) à la calandre définitive

Checker Marathon / Checker Motors Corporation · 1961–1982 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une rupture stylistique nette en 1956

Le Modèle A8 introduit, en 1956, la silhouette « en tranche de savon » aux flancs plats qui restera indissociable de l'image de la marque jusqu'en 1982. Il tranche nettement avec les lignes plus arrondies des Modèles A6/A7 qui le précèdent : un seul phare par côté, une lourde calandre à simple barre horizontale, des feux arrière montés haut dont l'inspiration doit beaucoup aux breaks Pontiac de 1953, et une lunette arrière plate encadrée par un montant de custode encore épais. Cette carrosserie doit son existence à un impératif purement réglementaire plutôt qu'à une recherche stylistique : le nouveau plafond d'empattement de 120 pouces imposé aux taxis new-yorkais (voir New York et le taxi — la naissance du système des médaillons) rend obsolète la génération précédente et impose une refonte complète.

Un « bureau de style » de fortune

Le dessin de cette carrosserie n'a rien d'une production de grand studio de style : les évolutions successives de la caisse Checker sont réalisées dans un simple coin de l'usine de Kalamazoo, cloisonné par de simples rideaux en guise de studio de conception. L'héritage stylistique remonte néanmoins à un nom reconnu de l'industrie : le carrossier Ray Dietrich, engagé par Morris Markin dès 1938 pour cent dollars par jour après avoir notamment sauvé l'image de Chrysler avec la Airstream qui avait suivi l'échec commercial de l'Airflow, est l'auteur du dessin de caisse du prototype à traction avant Modèle D de l'immédiat après-guerre — un dessin ensuite recyclé, avec un empattement plus classique, pour habiller le Modèle A2 puis, par évolutions successives internes à l'entreprise, l'ensemble de la lignée A6 à A8. Parmi les ingénieurs qui travaillent sur ce châssis figurent aussi plusieurs femmes ingénieures châssis, une présence suffisamment remarquable dans l'industrie automobile de l'époque pour avoir été spécifiquement mise en valeur dans la documentation publicitaire de la marque.

Des ajustements mineurs, jamais une refonte

Le Modèle A9, dès 1958, profite de la légalisation des phares doubles aux États-Unis pour adopter quatre optiques rondes, une calandre à motif nid d'abeille avec feux de position intégrés sur les côtés extérieurs dans un encadrement en forme d'étoile (« starburst »), de nouveaux feux arrière en bandeau chromé vertical à double lentille rouge, et une lunette arrière galbée sur un pavillon aminci qui améliore sensiblement la visibilité périphérique par rapport à l'A8. Cette même calandre « starburst » cède la place, avec l'arrivée de la Marathon au début des années 1960, à une calandre pleine largeur à motif nid d'abeille uniforme — la dernière évolution esthétique d'importance avant que le gel quasi total de la carrosserie ne s'installe pour deux décennies (voir Vingt ans sans presque changer — une stratégie, pas un manque de moyens).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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