La genèse du design de la C5 I — Jean-Pierre Ploué face à la contre-proposition Pininfarina
Un directeur du style tout juste arrivé, propulsé sur le tout premier grand projet
Fin 1999, Jean-Pierre Ploué, alors âgé de 37 ans, prend la direction du style Citroën, alors dirigée par Claude Satinet — un poste qu'il occupera sans discontinuer pendant un quart de siècle, jusqu'à son départ du groupe Stellantis à l'été 2025. Selon le témoignage qu'il livre à LIGNES/auto en septembre 2026, il trouve à son arrivée, dans ce qu'il appelle sa « corbeille de bienvenue », les concept-cars C3 et C6 ainsi que l'avancement de phase de la future C4 — mais le tout premier grand chantier confié à son équipe est le renouvellement de la C5, un projet déjà engagé avant son arrivée.
Une équipe senior qui ne l'attendait pas
Ploué décrit un accueil interne difficile : les designers seniors déjà en poste, notamment Donato Coco et Daniel « Dan » Abramson — ce dernier déjà connu de ce corpus pour avoir finalisé en interne le design Bertone de la Xantia (voir La genèse du design — Bertone, Jean Giret et Daniel Abramson) —, plus âgés et expérimentés que lui, ne l'accueillent pas à bras ouverts : Arthur Blakeslee, le précédent responsable du style, leur avait laissé espérer ce poste de direction. Ploué s'appuie alors sur un allié décisif, Vincent Besson, alors patron du produit chez Citroën, avec lequel il forme un duo qu'il qualifiera plus tard d'indispensable à tout ce que Citroën accomplira ensuite (C2, C4, Xsara Picasso, puis la « ligne DS »).
La contre-proposition Pininfarina, une compétition interne inédite
Le projet de style pour la future C5, réalisé par l'équipe de Ploué, ne convainc pas d'emblée Claude Satinet. Selon le récit de Ploué lui-même, c'est Robert Peugeot, membre de la famille actionnaire, qui demande alors une contre-proposition externe au studio italien Pininfarina — un choix d'autant plus sensible que Pininfarina avait déjà travaillé pour Citroën sur le projet C6 avant l'arrivée de Ploué. Ce dernier juge cette mise en concurrence « injuste », estimant que le studio italien ne disposait pas de la vision globale de la trajectoire stylistique qu'il cherchait à donner à la marque ; il confie qu'un échec sur ce premier grand projet l'aurait conduit à quitter le groupe, faute de confiance suffisante de son management. L'équipe de Ploué remporte finalement cette compétition interne.
Un résultat salué par la presse, en dépit d'une réception commerciale mitigée
Ironie de cette genèse mouvementée : le style finalement retenu pour la C5 I, bien qu'issu d'une compétition interne remportée de justesse, sera perçu dans un premier temps par une partie de la presse comme « trop fade et mou » (voir C5 I Phase 1 (2001-2004) — un accueil critique mitigé malgré le confort) — un jugement sévère que la C5 II, repartie d'une feuille blanche sous la houlette de la même équipe, contribuera largement à corriger (voir Le design de la C5 II — la lunette arrière concave, clin d'œil à la CX et à la C6).
Voir aussi
- Site source
- lignesauto.fr (interview exclusive de Jean-Pierre Ploué, septembre 2026)
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://lignesauto.fr/?p=43522 ↗