Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

Traction Avant → DS, la même équipe d'ingénierie à vingt ans d'écart — André Lefebvre et Flaminio Bertoni

Citroën DS · 1955–1975 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le corpus citroen-traction-avant/ documente déjà en détail la genèse technique de la Traction (La genèse technique de la Traction — pourquoi ce projet, pourquoi ces choix d'ingénierie, source jeromecollignon.blog4ever.com) et le rôle central qu'y jouent André Lefebvre (ingénieur) et Flaminio Bertoni (designer). Les sources exploitées pour la DS confirment, sans aucune exception ni divergence, que ce sont les deux mêmes hommes qui conçoivent la DS vingt ans plus tard — une continuité d'équipe suffisamment rare et structurante dans l'histoire industrielle pour mériter sa propre fiche de recoupement.

André Lefebvre : de la Traction (1934) au « projet D » (1955)

Côté Traction, le corpus rappelle (voir La genèse technique de la Traction — pourquoi ce projet, pourquoi ces choix d'ingénierie) qu'André Lefebvre, diplômé de l'École Supérieure de l'Aéronautique (1914), avait été licencié par Louis Renault après lui avoir proposé, sans succès, un projet de petite traction avant — c'est ce rejet qui le conduit chez Citroën, où il applique à l'automobile des principes hérités de sa formation d'aéronautique (stabilité, masses centrées, roue ne devant jamais décoller du sol).

Vingt ans plus tard, les sources DS le décrivent explicitement comme le « père spirituel de la Traction » (citroenet.org.uk) placé, dès 1938, à la tête de l'équipe du projet VGD par Pierre-Jules Boulanger — voir La genèse de la DS — du projet VGD (1938) au « projet D » (1955). Lefebvre y repart d'une feuille blanche (structure monocoque, centre de gravité au plus bas, panneaux de carrosserie non porteurs) avec la même exigence de liaison au sol irréprochable qui avait déjà guidé la conception du train avant de la Traction. C'est également lui qui, après la mort de Boulanger (1950) et l'arrivée de Pierre Bercot à la tête de Citroën, obtient carte blanche pour pousser le projet sans compromis technique — un statut d'autorité sur l'ingénierie que rien, dans les sources consultées, ne suggère qu'il ait eu à la même échelle du temps de la Traction (où il restait sous l'autorité directe et le cahier des charges très strict de Boulanger).

Flaminio Bertoni : trois carrosseries majeures Citroën en une seule carrière

Le corpus Traction attribue à Bertoni le dessin de la Traction (voir Histoire générale de la Traction Avant (1934–1957)) au sein d'une équipe où, selon citroenet.org.uk, il avait déjà rejoint Citroën au début des années 1930. Sur la DS, les sources le montrent au travail dès 1947 (première maquette en plâtre à l'échelle 1, dite « hippopotame 1 »), affinant sa recherche pendant près de huit ans jusqu'à la présentation de 1955 — avec une seconde maquette en 1949, puis une ligne définitive arrêtée au premier semestre 1955 dont il reste, selon plusieurs sources, insatisfait sur le dessin de la partie arrière jusqu'au bout. Bertoni est ainsi le designer d'au moins trois carrosseries Citroën majeures et stylistiquement très différentes (Traction, 2 CV, DS) réalisées en un peu plus de vingt ans — une continuité stylistique que le corpus documente désormais des deux côtés.

Une double continuité, un même « déclencheur humain »

La fiche La genèse technique de la Traction — pourquoi ce projet, pourquoi ces choix d'ingénierie rapporte la thèse de Jérôme Collignon selon laquelle chaque grand projet Citroën répond à un « déclencheur humain » — un homme enthousiaste apportant une idée convaincante à un dirigeant qui la saisit plutôt qu'il ne la cherche. Lefebvre fut ce déclencheur pour la Traction dès 1933-34. Sur la DS, le rôle de déclencheur technique revient plutôt à Paul Magès pour l'hydraulique (voir La genèse de la DS — du projet VGD (1938) au « projet D » (1955) et Paul Magès, l'ingénieur autodidacte de la suspension hydropneumatique) — mais c'est Lefebvre, fort de son autorité acquise sur la Traction, qui obtient de Bercot la liberté nécessaire pour intégrer cette innovation sans concession dans le cahier des charges de la DS. Autrement dit : la Traction a donné à Lefebvre la légitimité qui a permis, vingt ans plus tard, le pari technique total de la DS.

Ce que cette continuité n'explique pas

Aucune source consultée (ni côté Traction, ni côté DS) ne mentionne de rôle de Walter Becchia ou de Paul Magès sur la Traction elle-même : leur intervention sur le projet DS relève d'un recrutement/affectation propres aux années 1940, sans antécédent direct documenté sur la Traction. La continuité d'équipe porte donc spécifiquement sur le couple ingénieur-styliste Lefebvre/Bertoni, pas sur l'ensemble du bureau d'études.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
synthèse corpus (recoupement citroen-ds / citroen-traction-avant)
Auteur du site
synthèse — voir sources primaires citées dans chaque fiche référencée
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci