D'objet de nécessité à objet de passion — le tuning de la Dacia ancienne par la jeunesse roumaine
Trente ans après la chute du régime qui l'a vue naître, la Dacia 1300/1310 connaît en Roumanie une seconde vie inattendue : celle d'un objet de passion pour une génération qui n'a pas connu directement l'époque communiste, mais qui redécouvre le modèle sous un angle esthétique et affectif plutôt qu'utilitaire.
Une scène de « tuning » assumée chez les jeunes Roumains
Le journaliste automobile Paul Clément-Collin, sur le site carjager.com, note que la 1300/1310 est devenue, pour une partie de la jeunesse roumaine actuelle, une « voiture mythique » que certains n'hésitent pas à personnaliser (rabaissement de caisse, jantes modifiées, peintures) selon les codes esthétiques du tuning automobile contemporain — un traitement paradoxal pour un modèle conçu à l'origine dans un esprit de stricte sobriété fonctionnelle (voir Standard, Super, 1301 — la hiérarchie des premières Dacia 1300 (1970-1973), dossier 01-histoire-et-modeles/, pour rappel de cette philosophie d'origine). Cette pratique s'accompagne d'un marché de la collection déjà bien identifiable pour certaines versions rares du modèle, notamment le coupé 1410 Sport ou les versions à quatre roues motrices de la gamme utilitaire (voir Acheter une Dacia 1300/1310 aujourd'hui — un marché de la collection encore largement roumain, dossier 10-achat-administratif/).
Un témoignage individuel d'attachement affectif
Une autre facette de cette redécouverte, moins tournée vers la performance esthétique que vers la mémoire familiale, est illustrée par le témoignage recueilli par L'Argus auprès de Mihai, architecte travaillant pour Renault Technologie à Titu : celui-ci a restauré la Dacia 1310 héritée de son père, aujourd'hui créditée de plus de 300 000 kilomètres au compteur, et rapporte l'accueil chaleureux que suscite le véhicule auprès des passants et automobilistes roumains croisés sur la route — signe que l'attachement affectif à ce modèle dépasse largement le seul cercle des collectionneurs organisés.
La Dacia 1300 Rebirth, un exercice de style plutôt qu'un projet réel
Une confusion mérite d'être clarifiée : plusieurs articles de presse automobile française ont largement relayé, au début des années 2020, un projet baptisé « Dacia 1300 Rebirth ». Il s'agit en réalité d'un exercice de style purement numérique, réalisé par le designer indépendant Theodor Ioan Tănase sous forme de rendus graphiques, réinterprétant la silhouette de la 1300 d'origine (montants de custode caractéristiques, malle légèrement inclinée) avec un vocabulaire stylistique contemporain (signature lumineuse en Y des Dacia récentes, jantes de grand diamètre, rétroviseurs remplacés par des caméras). Ce projet n'a jamais dépassé le stade de l'illustration conceptuelle et ne constitue ni un prototype roulant, ni une annonce officielle de Dacia/Renault — un point qu'il convient de garder à l'esprit face à des titres de presse parfois formulés de façon à suggérer un projet plus concret qu'il ne l'est réellement.
Voir aussi
- Site source
- carjager.com, largus.fr
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Standard, Super, 1301 — la hiérarchie des premières Dacia 1300 (1970-1973)Dacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Histoire et modèles
- Fierté nationale et honte industrielle — l'ambivalence roumaine envers sa propre DaciaDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Societe culture
- Acheter une Dacia 1300/1310 aujourd'hui — un marché de la collection encore largement roumainDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Achat administratif