Standard, Super, 1301 — la hiérarchie des premières Dacia 1300 (1970-1973)
Dès sa première année pleine de commercialisation, la Dacia 1300 n'est pas proposée comme un modèle unique et uniforme : le constructeur roumain reproduit, à son échelle, la hiérarchie de finitions déjà pratiquée par Renault sur la R12, elle-même déclinée en versions L, TL et TS.
Standard et Super, l'équipement de base
Le catalogue initial distingue une version Standard, dépouillée, d'une version Super légèrement mieux équipée. L'écart entre les deux reste cependant limité comparé aux standards occidentaux de l'époque : la philosophie affichée par le régime, résumée par une formule attribuée à Nicolae Ceaușescu lui-même selon laquelle les options rendraient une voiture « trop bonne pour des idiots », pousse Dacia à retarder ou à ne jamais introduire certains équipements que Renault commence à généraliser sur la R12 à la même période (direction assistée, sièges chauffants, climatisation, allumage électronique) — voir Noir pour la Securitate, une teinte pour chaque rang — la voiture comme marqueur de statut pour le détail de cette politique volontariste de simplification.
La 1301, une version calquée sur la Renault 12 TS
À partir de 1970, une troisième version rejoint la gamme : la Dacia 1301. Calquée sur la Renault 12 TS, la plus achevée des finitions françaises de l'époque, elle se distingue par un équipement nettement plus complet pour les standards du bloc de l'Est : autoradio, feux de recul, jantes en alliage (mentionnées selon les sources sous l'appellation « Gotti » ou « Fergat », deux fabricants italiens de jantes sport dont l'identification précise n'a pu être confirmée par recoupement direct), et la possibilité — inédite sur les autres versions — d'une carrosserie peinte en noir. Sa production reste volontairement marginale : plusieurs sources indépendantes convergent pour indiquer qu'elle est réservée, dans la pratique, aux cadres dirigeants du régime et aux officiers de la Securitate, la police politique, plutôt que diffusée au grand public.
Le break, une carrosserie longtemps boudée
L'année 1973 voit l'arrivée de la version break, directement calquée sur son équivalent français. Contrairement à ce qu'espérait sans doute le constructeur, ce break ne rencontre initialement qu'un succès très limité auprès du public roumain : sur ses meilleures années de la décennie 1970, il ne représente qu'environ 5 % de la production totale de l'usine de Pitești, malgré une capacité de chargement objectivement supérieure à celle de la berline (voir Le break, la carrosserie que les Roumains n'ont jamais vraiment adoptée pour le détail de cette carrière commerciale en dents de scie).
Une mécanique strictement identique quelle que soit la finition
Quel que soit le niveau de gamme choisi, toutes les versions produites au cours de cette période partagent rigoureusement la même motorisation : le quatre cylindres « Cléon-Fonte » de 1 289 cm³ et 54 chevaux hérité directement de la Renault 12 (voir Le Cléon-Fonte 1289 cm³, moteur unique des premières Dacia 1300). La hiérarchie entre versions porte donc exclusivement sur l'équipement et la présentation, jamais sur les performances.
Voir aussi
- Août 1969 — la Dacia 1300 devance de neuf jours sa propre sœur jumelle française
- Noir pour la Securitate, une teinte pour chaque rang — la voiture comme marqueur de statut
- Le break, la carrosserie que les Roumains n'ont jamais vraiment adoptée
- Le Cléon-Fonte 1289 cm³, moteur unique des premières Dacia 1300
- Site source
- retropassionautomobiles.fr, lautomobileancienne.com, carjager.com, fr.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Août 1969 — la Dacia 1300 devance de neuf jours sa propre sœur jumelle françaiseDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Histoire et modèles
- Noir pour la Securitate, une teinte pour chaque rang — la voiture comme marqueur de statutDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Societe culture
- Le Cléon-Fonte 1289 cm³, moteur unique des premières Dacia 1300Dacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Moteur
- Le break, la carrosserie que les Roumains n'ont jamais vraiment adoptéeDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006) · Carrosserie
- D'objet de nécessité à objet de passion — le tuning de la Dacia ancienne par la jeunesse roumaineDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- Noir pour la Securitate, une teinte pour chaque rang — la voiture comme marqueur de statutDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)
- Août 1969 — la Dacia 1300 devance de neuf jours sa propre sœur jumelle françaiseDacia 1300 (Roumanie, 1969-2006)