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§ 05 · Compétition

Indianapolis 1940 — la dernière course de l'Écurie Schell, et l'exil américain de Dreyfus

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Après l'apogée de 1937-1938 documentée dans Le Grand Prix du Million (1937) — un prix crowdfundé par les automobilistes français et Grand Prix de Pau 1938 — Delahaye bat Mercedes, une victoire française à la portée politique ambiguë, l'aventure sportive de l'écurie de Lucy O'Reilly Schell s'achève sur un continent différent, dans des circonstances mêlant sport automobile, exil et débuts de la Seconde Guerre mondiale.

Un changement de monture et de continent

En 1939, faute d'obtenir le soutien financier public qu'elle espérait pour sa Delahaye 155 (voir Grand Prix de Pau 1938 — Delahaye bat Mercedes, une victoire française à la portée politique ambiguë pour l'épisode du favoritisme envers Talbot), Lucy Schell se tourne vers Maserati et acquiert deux monoplaces 8CTF, engagées au Grand Prix de Suisse de la même année. Après la mort de son mari Laury le 18 octobre 1939, elle installe son équipe à Monaco et la rebaptise « Écurie Lucy O'Reilly Schell ».

Une traversée sous le signe de la guerre naissante

En 1940, l'écurie engage ses deux Maserati aux 500 miles d'Indianapolis — une épreuve remportée l'année précédente par Wilbur Shaw sur une Maserati 8CTF identique. En mai 1940, René Dreyfus et René Le Bègue embarquent pour les États-Unis à bord du paquebot Conte di Savoia, accompagnés du mécanicien de l'équipe, un certain Luigi Chinetti — qui deviendra plus tard une figure majeure de l'importation Ferrari en Amérique du Nord et vainqueur des 24 Heures du Mans.

Une qualification manquée, puis une voiture partagée

La course elle-même tourne à l'anecdote technique : Le Bègue qualifie le châssis numéro 3030 en 31ᵉ position, mais Dreyfus, méconnaissant les règles de qualification propres à Indianapolis, échoue à qualifier le second châssis, le numéro 3031. Autorisé à retenter sa chance sur le châssis 3030 emprunté à son coéquipier, il casse une bielle et troue le bloc-moteur pendant sa tentative. L'équipe transfère alors le moteur du châssis 3031 sur le 3030, et les deux pilotes se partagent la voiture unique qui en résulte : Le Bègue conduit les 250 premiers miles, Dreyfus les derniers. L'équipage termine 10ᵉ, après avoir bouclé 192 des 200 tours prévus. Après la course, les deux Maserati sont revendues à l'Américain Lou Moore, qui les rebaptise « Elgin Piston Pin Specials ».

La fin d'une écurie, le début d'un exil

Dreyfus et Chinetti choisissent tous deux de rester aux États-Unis après cette course — Lucy Schell aide personnellement Dreyfus à obtenir la citoyenneté américaine, dans un contexte où la France est sur le point de basculer sous l'Occupation. L'épisode marque la fin de facto de l'aventure de l'Écurie Bleue puis Écurie Schell, dont l'histoire complète est retracée dans L'Écurie Bleue — la course pour faire de la France ce que l'Italie a fait pour Ferrari.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Auteur du site
contributeurs Wikipédia
Date d'extraction
12 sept. 2026
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