Aller au contenu
§ 05 · Compétition

Delage en Grand Prix — des voiturettes de Dieppe au titre mondial des constructeurs (1906-1932)

Delahaye et Delage (135, 165, D8) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Avant même que la marque ne s'illustre sur les pelouses des concours d'élégance avec le D8 (voir Les concours d'élégance des années 1930 — la vitrine mondaine de Delahaye et Delage), Delage a déjà conquis, dès les années 1900, une identité sportive propre — un palmarès de compétition entièrement antérieur au rachat par Delahaye, et qui culmine par un authentique titre mondial en 1927.

Les débuts en voiturette (1906-1914)

Delage entre en compétition dès 1906, terminant deuxième de la première Coupe des Voiturettes à Rambouillet avec un moteur De Dion. Albert Guyot lui offre sa première victoire majeure en 1908, au Grand Prix de Voiturettes de Dieppe. En 1911, le Type X à boîte cinq rapports, conçu par l'ingénieur Michelat, remporte la Coupe des Voiturettes de L'Auto à Boulogne avec Paul Bablot ; en 1913, le Type Y à quatre soupapes par cylindre s'impose au Grand Prix de l'ACO au Mans. L'année suivante, Delage franchit l'Atlantique et remporte les 500 miles d'Indianapolis avec René Thomas — des voitures privées engagées, fait cocasse, contre l'avis de Louis Delâge lui-même.

Le V12 et le record du monde de vitesse (1923-1924)

Après la Première Guerre mondiale, Louis Delâge relance son ambition sportive au plus haut niveau : en 1923, avec les ingénieurs-motoristes Charles Planchon et Albert Lory, il fait construire la Delage 2LCV, motorisée par l'un des tout premiers moteurs V12 automobile de l'histoire. La voiture se couvre de gloire dès 1924 au Grand Prix d'Europe de Lyon, avec Robert Benoist et Albert Divo au Grand Prix de Saint-Sébastien la même année qu'au Grand Prix de l'ACF, tandis qu'une version course dérivée, la DH à moteur V12 de 10,5 litres, bat en 1924 le record du monde de vitesse sur route à 230 km/h.

1927 : le titre mondial des constructeurs

Le sommet de cette épopée sportive arrive avec la 15 S 8, une 8-cylindres en ligne de 1 500 cm³ conçue par Albert Lory. Menée par Louis Wagner et Robert Sénéchal, elle remporte dès 1926 le tout premier Grand Prix automobile de Grande-Bretagne. En 1927, c'est au tour de Robert Benoist — déjà croisé dans ce corpus comme futur pilote Bugatti puis résistant, mais alors au sommet de sa carrière chez Delage — de remporter les quatre Grands Prix européens de la saison (France, Espagne, Italie, Grande-Bretagne), ce qui permet à Delage de décrocher le titre — alors officieux — de champion du monde des constructeurs, l'ancêtre du championnat du monde de Formule 1 des constructeurs. Entre 1929 et 1932, l'Anglais John Cobb ajoute encore près d'une dizaine de victoires au palmarès de la marque sur le circuit de Brooklands, au volant d'une Delage à moteur V12.

Un retrait volontaire, puis un retour discret

Face au coût croissant de l'engagement en Grand Prix, Delage se retire de la compétition au plus haut niveau dès 1928, pour se recentrer sur son activité principale de voitures de luxe, alors dominée par le D8 (voir Le 8-cylindres Delage — une première pour l'industrie automobile française) face à la concurrence croissante d'Hispano-Suiza. La compétition automobile ne disparaît pas pour autant totalement du nom Delage : une version course de la D6-70 obtient quelques succès dans la seconde moitié des années 1930 (voir DI-12 et D6-70 — la gamme Delage renée chez Delahaye après 1935), avant que le nom ne réapparaisse, de façon purement symbolique, au Mans en 2023 lors de la renaissance moderne de la marque (voir Delage D12 — la renaissance inattendue de la marque en hypercar hybride (2019-2024)).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org (CC BY-SA)
Auteur du site
contributeurs Wikipédia
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci