24 Heures du Mans 1938 — l'unique victoire mancelle de Delahaye
Deux mois après la démonstration politique et sportive du Grand Prix de Pau, Delahaye ajoute à son palmarès de 1938 la victoire la plus prestigieuse du calendrier français de l'endurance — une victoire obtenue non par l'écurie officielle ni par l'Écurie Bleue, mais par un équipage privé au volant d'une version course de la voiture de série la plus vendue de la marque.
Un doublé pour une voiture engagée à titre privé
Les 18 et 19 juin 1938, sur le circuit de la Sarthe, la victoire absolue revient à Eugène Chaboud et Jean Trémoulet, au volant d'une Delahaye Type 135 CS (Compétition Spéciale) engagée à titre privé — et non par une équipe officine de la marque. Delahaye réalise même un doublé retentissant : la seconde place revient à Gaston Serraud et Yves Giraud-Cabantous, sur une autre 135 CS. Seuls 15 des 42 partants voient l'arrivée, un taux d'attrition qui souligne la dureté de l'épreuve cette année-là.
Une victoire arrachée dans les toutes dernières heures
La course n'a rien d'une promenade pour Delahaye : l'écurie Alfa Romeo, portée par Raymond Sommer et Clemente Biondetti, domine l'essentiel des 24 heures et compte jusqu'à 14 tours d'avance sur les futurs vainqueurs, avant d'abandonner seulement deux heures avant l'arrivée. La victoire de Chaboud et Trémoulet manque même d'être invalidée en toute fin de course : le bouchon du réservoir d'essence de leur voiture, dont le plomb réglementaire garantit l'absence de tricherie sur le ravitaillement, se détache pendant la course — un incident qui aurait pu entraîner leur disqualification pure et simple si les commissaires n'avaient pas validé leur résultat.
Une confirmation, pas une surprise
Ce succès ne sort pas de nulle part : dès 1937, deux Type 135 CS avaient déjà terminé deuxième et troisième de la même épreuve (Paul/Mongin et Dreyfus/Stoffel), et la voiture avait également signé un résultat collectif impressionnant au Grand Prix de l'A.C.F. 1936, où quatre Delahaye 135 CS s'étaient classées dans les cinq premières et sept dans les douze premières, sur seulement neuf engagées. La victoire de 1938 couronne ainsi une régularité déjà éprouvée, plutôt qu'un coup d'éclat isolé — voir Le palmarès complet de la Delahaye 135 (1936-1954) pour l'ensemble de ce palmarès. Ce triomphe reste, à ce jour, l'unique victoire de Delahaye aux 24 Heures du Mans.
Voir aussi
- La Delahaye Type 135 — modèle emblématique du luxe sportif français (1935-1952)
- Le palmarès complet de la Delahaye 135 (1936-1954)
- Grand Prix de Pau 1938 — Delahaye bat Mercedes, une victoire française à la portée politique ambiguë
- Suspension avant indépendante et hiérarchie des châssis Delahaye (1934-1939)
- Site source
- fr.wikipedia.org (CC BY-SA)
- Auteur du site
- contributeurs Wikipédia
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Delahaye_type_135 ↗
- Suspension avant indépendante et hiérarchie des châssis Delahaye (1934-1939)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Moteur et technique
- Le palmarès complet de la Delahaye 135 (1936-1954)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Compétition
- Grand Prix de Pau 1938 — Delahaye bat Mercedes, une victoire française à la portée politique ambiguëDelahaye et Delage (135, 165, D8) · Compétition
- La Delahaye Type 135 — modèle emblématique du luxe sportif français (1935-1952)Delahaye et Delage (135, 165, D8) · Modèles
- La Delahaye Type 135 — modèle emblématique du luxe sportif français (1935-1952)Delahaye et Delage (135, 165, D8)
- Le palmarès complet de la Delahaye 135 (1936-1954)Delahaye et Delage (135, 165, D8)
- Suspension avant indépendante et hiérarchie des châssis Delahaye (1934-1939)Delahaye et Delage (135, 165, D8)
- Le Club Delahaye — gardien de la mémoire de la marque depuis 1966Delahaye et Delage (135, 165, D8)