Pourquoi Dunmurry ? Le choix d'une usine automobile en pleine période des Troubles
Une recherche de financement qui devient une recherche de site
Faute d'avoir pu réunir seul les capitaux nécessaires à la construction d'une usine (voir La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de Giugiaro), John DeLorean oriente sa recherche vers les gouvernements et agences de développement économique susceptibles de subventionner une implantation industrielle dans une zone de fort chômage — une logique gagnant-gagnant en apparence : DMC obtient un financement à moindre coût, la collectivité d'accueil obtient des emplois qualifiés.
Deux pistes écartées avant l'Irlande du Nord
DeLorean envisage d'abord la République d'Irlande, avec un site à Limerick. Le projet est cependant écarté par le ministre irlandais de l'Industrie et du Commerce de l'époque, Desmond O'Malley, qui le juge a posteriori « trop beau pour être vrai ». Une seconde option, à Porto Rico, est sur le point d'aboutir lorsque l'offre de l'Industrial Development Board for Northern Ireland (l'agence de développement économique nord-irlandaise) se révèle nettement plus avantageuse et l'emporte finalement.
Le contexte politique des « Troubles »
L'offre nord-irlandaise s'inscrit dans une stratégie délibérée du gouvernement britannique travailliste de l'époque, dirigé par James Callaghan : réduire la violence intercommunautaire des « Troubles » en réduisant le chômage, en particulier à Belfast, l'une des zones les plus touchées du Royaume-Uni tant par le conflit que par le déclin industriel. Le site retenu, Dunmurry (quartier du sud-ouest de Belfast, dans une zone connue localement sous le nom de « The Cutts »), se trouve précisément à la lisière entre un secteur à majorité républicaine/catholique (Twinbrook) et un secteur à majorité unioniste/protestant (Dunmurry) — un choix qui n'a rien d'anodin : une usine capable d'employer les deux communautés à parts égales représentait, à l'échelle locale, un facteur d'apaisement autant qu'un projet industriel. DMC affiche ainsi la promesse de milliers d'emplois qualifiés ouverts indifféremment aux travailleurs catholiques et protestants du secteur, une politique de recrutement mixte documentée par le site spécialiste P.J. Grady.
Des montants qui varient selon les sources
Le financement public engagé reste un point de friction documentaire. Selon le journal The Times (repris par plusieurs sources anglophones), le gouvernement britannique aurait couvert environ 120 millions de dollars sur les 200 millions de coûts de démarrage annoncés par DMC. Une autre source (l'article Wikipédia consacré à John DeLorean lui-même) avance un chiffre proche mais présenté différemment : environ 100 millions de livres sterling de la part de la Northern Ireland Development Agency. DeLorean espérait par ailleurs obtenir un mécanisme de crédit à l'exportation (« Export Credit ») finançant 80 % du prix de gros de chaque voiture (soit environ 20 000 dollars) dès son achèvement — une attente dont la concrétisation effective reste incertaine dans les sources consultées. Ces différentes estimations, qui ne se recoupent pas terme à terme, sont documentées telles quelles dans sources/verification-croisee.md plutôt que arbitrées artificiellement.
Un pari qui deviendra un handicap politique
L'accord est scellé fin juillet 1978 (voir le détail des travaux dans La construction de l'usine DMCL à Dunmurry (1978-1981) et une main-d'œuvre à former de toutes pièces). Le soutien gouvernemental, initialement acquis sous un gouvernement travailliste convaincu de l'intérêt social du projet, devient nettement plus fragile après le changement de majorité de 1979 : le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher, hostile par principe aux subventions industrielles massives à une entreprise privée en difficulté, cesse progressivement de soutenir DMC au moment précis où l'entreprise commence à connaître de sérieuses difficultés de trésorerie — un revirement politique qui pèsera lourd dans l'effondrement final de 1982 (voir L'effondrement financier de 1982 — de la mise sous séquestre à la faillite).
Voir aussi
- La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de Giugiaro
- La construction de l'usine DMCL à Dunmurry (1978-1981) et une main-d'œuvre à former de toutes pièces
- L'effondrement financier de 1982 — de la mise sous séquestre à la faillite
- La fermeture de l'usine de Dunmurry et son devenir après DeLorean
- Site source
- en.wikipedia.org, pjgrady.co.uk
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de GiugiaroDelorean DMC-12 · Histoire et modèles
- La fermeture de l'usine de Dunmurry et son devenir après DeLoreanDelorean DMC-12 · Histoire et modèles
- L'effondrement financier de 1982 — de la mise sous séquestre à la failliteDelorean DMC-12 · Histoire et modèles
- La construction de l'usine DMCL à Dunmurry (1978-1981) et une main-d'œuvre à former de toutes piècesDelorean DMC-12 · Histoire et modèles
- La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de GiugiaroDelorean DMC-12
- L'effondrement financier de 1982 — de la mise sous séquestre à la failliteDelorean DMC-12
- La fermeture de l'usine de Dunmurry et son devenir après DeLoreanDelorean DMC-12
- La construction de l'usine DMCL à Dunmurry (1978-1981) et une main-d'œuvre à former de toutes piècesDelorean DMC-12