L'odyssée moteur d'avant Lotus et l'inventaire des prototypes DeLorean (1976-1980)
Des ambitions initiales très éloignées de la voiture de série
Lorsque les premières informations sur le projet DeLorean filtrent au milieu des années 1970, la presse évoque une liste de caractéristiques ambitieuses qui ne verront finalement jamais le jour sur la voiture commercialisée : un châssis-coque en plastique composite fabriqué selon le procédé ERM (Elastic Reservoir Molding), une architecture à moteur central, un airbag conducteur, des pare-chocs conformes à la norme américaine des 10 mph, et des pneus Pirelli P7 ultra-larges (195/50VR-15 à l'avant, 265/50VR-16 à l'arrière) censés permettre jusqu'à 0,9 g d'accélération latérale. Aucun de ces éléments ne survivra jusqu'à la production en série.
Avant le PRV : un moteur rotatif puis un V6 Ford envisagés
L'aspect le plus méconnu de cette période concerne le moteur. Bien avant que le V6 PRV ne s'impose comme solution définitive (voir Le V6 PRV 2,85 L de la DeLorean — un moteur français dérivé de la Renault 30), le projet DeLorean prévoyait à l'origine un moteur rotatif Wankel monté en position centrale — un choix rendu caduc lorsque Comotor, le consortium germano-français (NSU/Citroën) qui produisait ces moteurs, cesse sa production. DMC se rabat alors sur le V6 Ford Cologne, avant d'abandonner également cette piste. C'est seulement après cet abandon que le projet adopte, un temps, la chaîne cinématique complète de la Citroën CX 2000 (moteur 4 cylindres de 1 985 cm³ jugé sous-motorisé, puis rejeté par Citroën elle-même lorsque DMC envisage de le turbocompresser) puis, enfin, le V6 PRV — un épisode déjà détaillé du point de vue de Lotus et de Colin Chapman dans Esprit et DeLorean — une parenté technique méconnue derrière un même carrossier et La mort de Colin Chapman (1982) et le scandale DeLorean, et qui n'est donc pas répété ici.
Le premier prototype, la « DSV-1 »
Le tout premier prototype (octobre 1976, voir sa vocation de « voiture de sécurité » dans La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de Giugiaro) est construit avec le moteur central alors encore d'actualité. C'est le passage au V6 PRV, trop volumineux pour la position centrale initiale, qui impose de déplacer le groupe motopropulseur en position arrière sur le second prototype — configuration définitivement conservée jusqu'à la production.
Un inventaire de prototypes aujourd'hui dispersé
Plusieurs exemplaires jalonnent cette phase de développement, avec des destins très inégaux :
- Prototype-1 (le DSV-1 lui-même) : vendu 37 000 dollars aux enchères de la faillite de DMC en 1984, resté en collection privée jusqu'en 2005, date d'une restauration complète ; toujours en collection privée aujourd'hui.
- Prototype-2 : expédié chez Lotus en 1978 pour développement, il aurait été détruit dans les années 1990.
- Une poignée de « voitures noires » (« black cars » ou « mules »), à carrosserie en fibre de verre plutôt qu'en inox, ont été utilisées par Lotus pendant la phase d'ingénierie et de mise au point.
- Environ 28 « pilot cars » ont ensuite été construites pour l'évaluation et les essais réglementaires (homologation, émissions) ; identifiables à leurs intérieurs légèrement différents et à leurs vitres latérales coulissantes plutôt qu'électriques, quelques-unes ont survécu en collection privée.
- La « voiture Visioneering » occupe une place à part : à l'approche du salon professionnel NADA de 1980, DMC ne dispose encore d'aucune voiture de série ni même de panneaux de carrosserie en inox emboutis. La maquette Giugiaro révisée est alors confiée à la société Visioneering, de Detroit, chargée de produire les données nécessaires aux outils d'emboutissage — un chantier qui s'étend jusqu'à l'assemblage complet d'une voiture de présentation à partir d'un châssis fourni par Lotus, pour un coût de 750 000 dollars. Présentée au salon NADA 1980, cette voiture sert ensuite aux essais d'ingénierie, à la formation technique et aux photos de presse, avant d'être revendue 21 000 dollars aux enchères de la faillite en 1984.
Voir aussi
- La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de Giugiaro
- Esprit et DeLorean — une parenté technique méconnue derrière un même carrossier
- Le châssis-poutre dorsale et le soubassement en fibre de verre de la DeLorean
- Le V6 PRV 2,85 L de la DeLorean — un moteur français dérivé de la Renault 30
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/DMC_DeLorean ↗
- Le V6 PRV 2,85 L de la DeLorean — un moteur français dérivé de la Renault 30Delorean DMC-12 · Moteur
- Le châssis-poutre dorsale et le soubassement en fibre de verre de la DeLoreanDelorean DMC-12 · Carrosserie
- La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de GiugiaroDelorean DMC-12 · Histoire et modèles
- La mort de Colin Chapman (1982) et le scandale DeLoreanLotus Elan & Lotus Esprit · Histoire et modèles
- Esprit et DeLorean — une parenté technique méconnue derrière un même carrossierLotus Elan & Lotus Esprit · Histoire et modèles
- La fondation de la DeLorean Motor Company (1973-1976) et le choix de GiugiaroDelorean DMC-12
- L'injection mécanique Bosch K-Jetronic de la DeLoreanDelorean DMC-12
- Le châssis-poutre dorsale et le soubassement en fibre de verre de la DeLoreanDelorean DMC-12
- Le V6 PRV 2,85 L de la DeLorean — un moteur français dérivé de la Renault 30Delorean DMC-12
- La carrosserie en acier inoxydable — un choix né d'un problème de peintureDelorean DMC-12
- L'effondrement financier de 1982 — de la mise sous séquestre à la failliteDelorean DMC-12