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§ 07 · Carrosserie

Le style anguleux de la 308 GT4 : Bertone, Gandini et la rupture avec Pininfarina

Ferrari Dino 206/246 GT/GTS · 1967–1974 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Vingt ans d'exclusivité rompus

Depuis le milieu des années 1950, Pininfarina dessinait quasiment sans exception toutes les carrosseries Ferrari. La 308 GT4, présentée en 1973, rompt cette exclusivité en confiant le dessin à la carrosserie rivale Bertone, et plus précisément à son styliste vedette Marcello Gandini — auteur, à la même période, de la Lamborghini Countach puis de l'Urraco.

Un style en coin, hérité d'un langage tout juste théorisé chez Lamborghini

La ligne anguleuse et les flancs plats de la GT4 doivent beaucoup au vocabulaire stylistique que Gandini développe alors chez Bertone pour Lamborghini : la GT4 et l'Urraco partagent une architecture technique très proche (moteur central transversal, configuration 2+2) et ont été dessinées par le même homme à quelques mois d'écart, ce qui explique un net air de famille entre les deux voitures — au point que certains historiens avancent que le dessin de la GT4 pourrait dériver d'un projet Lamborghini initialement écarté, une allégation reprise par plusieurs commentateurs sans confirmation formelle établie.

Les « pattes de mouche » : une signature Ferrari avant d'être bertonienne

Les montants de toit arrière en double arceau (« flying buttresses »), très visibles sur la GT4, ne sont pas une invention de Gandini : ce traité stylistique remonte à la Ferrari 250 LM de 1964, et deviendra un poncif du design automobile des années 1960-1970, repris aussi bien sur la Maserati Merak que, de façon inattendue, sur la Dodge Charger américaine de 1968.

Un choix dont la responsabilité reste débattue

La thèse la plus répandue attribue le choix de Bertone, comme celui d'une configuration 2+2, à l'influence croissante de Fiat, actionnaire à 40 % de Ferrari depuis 1969 — une lecture cohérente avec le calcul commercial apparent d'une 2+2 jugée plus vendable qu'un strict deux places. Mais Piero Ferrari et Marcello Gandini lui-même ont tous deux affirmé qu'Enzo Ferrari s'était personnellement impliqué dans ces choix, y compris celui de confier le style à Bertone plutôt qu'à Pininfarina — une décision qu'Enzo aurait prise par satisfaction envers le travail de Bertone sur la carrosserie du Fiat Dino Coupé (voir Le Fiat Dino : le cousin mécanique méconnu, dessiné par deux carrossiers différents). Ce point reste un débat non tranché, consigné dans sources/verification-croisee.md.

Un accueil critique contrasté, réévalué depuis

À sa sortie, la presse comme le public réservent à la GT4 un accueil nettement plus tiède qu'à la 246 GT qu'elle côtoie en showroom — ses proportions, dictées par la configuration 2+2 sur une base mécanique à moteur central peu propice à cet exercice, sont jugées ingrates par de nombreux observateurs de l'époque. Cette réputation s'est sensiblement adoucie avec le recul : plusieurs passionnés et une partie de la presse spécialisée contemporaine réévaluent aujourd'hui la GT4 comme une réussite à part entière du langage « en coin » des années 1970, au même titre que l'Alfa Romeo Montreal ou la Lotus Esprit.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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