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§ 01 · Histoire et modèles

Dino 308 GT4 : le 2+2 signé Bertone qui succède à la 246

Ferrari Dino 206/246 GT/GTS · 1967–1974 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un remplaçant qui ne remplace pas vraiment

Présentée au Salon de Paris d'octobre 1973, la Dino 308 GT4 prend la suite commerciale de la 246 GT/GTS dans la gamme Dino, sans pour autant en être la remplaçante directe dans l'esprit du constructeur : les deux-places 308 GTB/GTS Pininfarina, plus proches en esprit de la 246, étaient déjà en développement en parallèle et arriveront dès 1975. C'est un accident de calendrier — et la disparition simultanée de la marque Dino — qui a fait percevoir la GT4 comme la remplaçante directe de la 246, statut que plusieurs connaisseurs de la marque contestent explicitement.

Une 2+2 à moteur V8 : une première pour Ferrari

Contrairement à la 246, la 308 GT4 est une 2+2 : son empattement est allongé de 210 mm par rapport à la 246 GT (2 550 mm contre 2 340 mm) pour dégager une paire de places arrière d'appoint, utilisables surtout pour de très courts trajets ou comme espace de rangement. C'est surtout la première Ferrari de série à moteur V8 : un bloc 90°, 2 927 cm³, deux arbres à cames en tête par rangée de cylindres entraînés par courroie crantée (et non plus par chaîne comme sur le V6), alimenté par quatre carburateurs double corps Weber 40 DCNF. La version européenne revendique 250-255 ch DIN à 7 700 tr/min ; la version américaine, dépolluée, est nettement moins puissante (autour de 240 ch SAE avant le durcissement des normes de 1978, puis 205 ch SAE à partir de cette date).

Le choix contesté de Bertone

Après vingt ans de collaboration quasi exclusive avec Pininfarina, Ferrari confie le style de la GT4 à Bertone, et au dessinateur Marcello Gandini — auteur, la même période, de la Lamborghini Countach puis de l'Urraco, dont la GT4 partage l'architecture générale (moteur V8 central transversal, configuration 2+2) et une parenté stylistique en coin assumée. Les raisons de ce choix restent débattues : une thèse répandue l'attribue à l'influence croissante de Fiat, actionnaire à 40 % de Ferrari depuis 1969, mais Piero Ferrari et Marcello Gandini eux-mêmes ont affirmé qu'Enzo Ferrari s'était personnellement investi dans le projet, y compris dans le choix de Bertone — motivé, selon cette version, par sa satisfaction envers le travail de la carrosserie sur le Fiat Dino Coupé. Cette question de paternité décisionnelle est développée dans Le style anguleux de la 308 GT4 : Bertone, Gandini et la rupture avec Pininfarina.

Un accueil européen tiède, un rôle salvateur aux États-Unis

L'accueil critique européen reste mitigé : la ligne anguleuse de la GT4 tranche avec les galbes generous de la 246 qu'elle côtoie en concession, et les commentateurs de l'époque comme plus tardifs (Ate Up With Motor la qualifie de « la Ferrari la plus oubliée ») lui reprochent des proportions ingrates. Elle connaît en revanche un rôle commercial important aux États-Unis : pendant plusieurs années, elle est le seul modèle Ferrari homologué à la vente sur ce marché, la Daytona ayant disparu et les 365 GT4 BB/512 BB à moteur douze cylindres à plat n'ayant jamais été fédéralisées.

Une déclinaison d'entrée de gamme italienne : la 208 GT4

Dès 1975, une version 208 GT4 au V8 réduit à 1 991 cm³ (180 ch) est proposée sur le marché italien, afin de rester sous le seuil des deux litres qui déclenchait une TVA quasiment doublée (38 %) en Italie. Environ 800 exemplaires en seront vendus, majoritairement dans la péninsule.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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