Essais de presse d'époque — Motor (1970) et Car/Setright (1970 et 1976)
Le test de Motor, avril 1970
Peu après le lancement britannique de la 128, le magazine Motor publie un essai chiffré : vitesse de pointe de 137,4 km/h, 0 à 97 km/h (0-60 mph) en 15,5 secondes, consommation moyenne relevée de 10,3 l/100 km. Comparée à ses rivales directes sur le marché anglais, la 128 se classe très légèrement derrière la Morris 1300 en vitesse de pointe, mais nettement devant en accélération ; les trois modèles (128, Morris 1300, Ford Escort 1300 Super 4 portes) restent proches en consommation, la Ford se montrant la plus sobre. Au tarif public recommandé de 876 £, la 128 se situe entre la Morris 1300 (830 £) et l'Escort (838 £). Les essayeurs saluent l'espace intérieur et les performances, mais relèvent un bruit moteur perceptible ; le bruit de vent et de roulement, en revanche, est jugé faible.
Le grand format de Car, mars 1970 : la lecture de Leonard « LJK » Setright
Le magazine britannique Car, qui élit lui-même la 128 Voiture de l'Année devant la Volkswagen-Porsche 914 et la Ford Capri (voir Fiat 128, Voiture Européenne de l'Année 1970 et distinctions internationales), consacre 22 pages à la nouvelle Fiat dans son numéro de mars 1970, dont six signées par le critique Leonard « LJK » Setright, l'une des plumes les plus respectées de la critique automobile britannique de l'époque. Extraits marquants de son analyse :
- « L'habitabilité impressionnante de la 128 est la clé de sa conception. Sans elle, la plupart des caractéristiques techniques n'auraient guère de sens ; avec elle, chacune d'elles joue un rôle important dans la cohérence et le mérite de l'ensemble. »
- Sur la transmission : « On regarde les plans de cette transmission nette et économique et l'on se dit "Bien sûr — comment faire autrement ?", en oubliant la cohue peu glorieuse des tractions avant existantes, dont les transmissions consomment assez de puissance pour propulser la 128 à 56 km/h. »
- Sur l'habitabilité et le coffre : « Tant d'espace dans quelque chose d'aussi vif et de si réduit en taille et en appétit — comment y parvenir, sinon par une coupe et un ajustement habiles ? [...] Le coffre de 13 pieds cubes [environ 368 litres] est énorme pour une voiture pareille, malgré un porte-à-faux minimal. »
- Sur le style : « Je me suis senti porté à féliciter Fiat pour son refus de céder à la mode et à l'irrationnel. Ils retardent ainsi l'obsolescence et la dépréciation de leurs modèles, ce qui leur permet de les commercialiser plus longtemps, donc à moindre coût. »
- Une réserve prémonitoire, la seule formulée : « ... mais où sont les hayons, les banquettes arrière rabattables ? » — anticipant dès 1970 que le choix conservateur d'une carrosserie trois volumes plutôt qu'un hayon plus moderne priverait à terme la 128 du statut de référence absolue du segment C, un rôle qui reviendra à la Volkswagen Golf en 1974 (voir L'influence de la Fiat 128 sur l'industrie — la Golf, la question de la paternité, et les limites d'un récit).
Le retour de Setright en 1976, après le restylage
Setright reprend le volant de la Nuova 128 pour le numéro de juillet 1976 de Car (voir le détail mécanique dans Nuova Fiat 128 (troisième série, 1976-1985) — l'« unificata » et le déclin commercial et Suspensions et freins de la Fiat 128 — McPherson à l'avant, balestre transversale à l'arrière). Il y salue l'adoption de bagues de synchronisation Borg-Warner qui résout enfin les difficultés de passage de vitesses signalées sur les premières séries, ainsi que le gain de confort acoustique en croisière apporté par des demi-arbres renforcés. Sur le compromis introduit par le nouveau rapport de pont plus long, il conclut cependant : « Après sept ans, il faut la reconduire pour découvrir à quel point, ou si peu, ses rivales plus jeunes l'ont dépassée. En réalité sa tenue de route reste la plus compétente, la plus satisfaisante, la plus indulgente de sa catégorie, donc la plus sûre. Sur tous les autres plans — vivacité, habitabilité, agrément, raffinement — elle reste au minimum pleinement compétitive. »
Voir aussi
- Fiat 128, Voiture Européenne de l'Année 1970 et distinctions internationales · Nuova Fiat 128 (troisième série, 1976-1985) — l'« unificata » et le déclin commercial · Suspensions et freins de la Fiat 128 — McPherson à l'avant, balestre transversale à l'arrière · L'influence de la Fiat 128 sur l'industrie — la Golf, la question de la paternité, et les limites d'un récit · Le restylage de 1976 vu par la critique — la « charte Fiat » du raté esthétique selon Driven to Write
- Site source
- driventowrite.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Fiat 128, Voiture Européenne de l'Année 1970 et distinctions internationalesFiat 128 · Histoire et modèles
- Suspensions et freins de la Fiat 128 — McPherson à l'avant, balestre transversale à l'arrièreFiat 128 · Freins trains pneus
- Nuova Fiat 128 (troisième série, 1976-1985) — l'« unificata » et le déclin commercialFiat 128 · Histoire et modèles
- Le restylage de 1976 vu par la critique — la « charte Fiat » du raté esthétique selon Driven to WriteFiat 128 · Carrosserie
- L'influence de la Fiat 128 sur l'industrie — la Golf, la question de la paternité, et les limites d'un récitFiat 128 · Histoire et modèles
- Nuova Fiat 128 (troisième série, 1976-1985) — l'« unificata » et le déclin commercialFiat 128
- Aurelio Lampredi et la conception du moteur de la Fiat 128Fiat 128
- Suspensions et freins de la Fiat 128 — McPherson à l'avant, balestre transversale à l'arrièreFiat 128
- Fiat 128 première série (1969-1972) — berline 2/4 portes et lancementFiat 128
- Fiat 128, Voiture Européenne de l'Année 1970 et distinctions internationalesFiat 128
- Le restylage de 1976 vu par la critique — la « charte Fiat » du raté esthétique selon Driven to WriteFiat 128