Le moodboard du Puma — treize ans de concepts Ghia, de la Barchetta de 1983 au concept Lynx de 1996
Une idée reçue à nuancer : le Puma n'est pas « un dessin Ghia »
Contrairement à un raccourci parfois répété selon lequel le coupé de 1997 aurait été directement « dessiné par Ghia », le dessin de série a bien été produit par le studio Ford de Cologne-Merkenich (voir Genèse du coupé (1993-1997) — quand Claude Lobo convainc Jac Nasser de doter la Fiesta d'un dérivé sportif), pas par le studio Ghia de Turin. En revanche, une véritable lignée de concept-cars signés Ghia, échelonnée sur treize ans, a nourri le langage stylistique dans lequel le Puma finira par s'inscrire — une influence documentée « plus dans l'esprit que dans la forme », selon les mots mêmes de Driven to Write, qui mérite d'être détaillée précisément plutôt qu'affirmée en bloc.
1983 : la Ghia Barchetta, un roadster resté sans suite
Premier jalon de cette lignée, le concept Ghia Barchetta de 1983, dessiné par Filippo Sapino au studio Ghia de Turin sur base mécanique Fiesta, est montré au Salon de Genève de cette année-là avec le soutien direct de l'Américain Bob Lutz, alors à la tête de Ford of Europe. Un temps sérieusement envisagé pour la production, ce petit roadster ne débouchera finalement, presque une décennie plus tard, que sur une version édulcorée et sans rapport de style : le Mercury Capri de 1991 (base mécanique Mazda), rapidement éclipsé par l'arrivée de la Mazda MX-5 en 1989.
1992 : la Ghia Focus, matrice directe de plusieurs éléments du Puma
Le concept Ghia Focus de 1992 (à ne pas confondre avec le modèle de série Ford Focus lancé en 1998, voir le dossier ford-focus/ de ce corpus), dessiné par Taru Lahti, marie la silhouette « barchetta » à une esthétique rétro assumée, inspirée des Bertone BAT des années 1950. Selon Driven to Write, ce concept exerce une influence directe et identifiable sur le studio de Cologne-Merkenich : le traitement des surfaces, le bas de caisse avant et la barre décorative courbe qui souligne les custodes arrière du Puma de série s'y retrouvent presque à l'identique.
1994 : la Ghia Arioso, un gabarit différent mais des thèmes déjà là
Basé sur les soubassements de la Mondeo — donc un véhicule nettement plus grand que le futur Puma — le concept Ghia Arioso de 1994 annonce néanmoins, en particulier dans le traitement de la verrière, plusieurs thèmes stylistiques qui se retrouveront sur le coupé de 1997, bien que son exécution densité globale reste plus proche des canons du design Ford nord-américain de l'époque.
1996 : le concept Lynx, une préfiguration publique... probablement dessinée après coup
Dernier jalon de la lignée, le concept Ghia Lynx, dévoilé au Salon de Genève 1996, offre un an à l'avance un aperçu très fidèle du dessin définitif du Puma de série — au point que Driven to Write avance l'hypothèse, argumentée par la simplicité de traitement de certains éléments (rayons de pliage de tôle insuffisamment détaillés dans la zone de pavillon), que le Lynx a probablement été dessiné après que le style du Puma de production a déjà été figé, davantage comme un ballon d'essai médiatique que comme un véritable concept précurseur. Fait notable relevé par cette même source : le Lynx se présente sous une carrosserie cabriolet, une configuration que le Puma de série n'adoptera finalement jamais — la version décapotable de la gamme Fiesta/Puma restera l'apanage exclusif du StreetKa, lancé en 2003 (voir Fin de carrière (2001-2002) — l'arrêt du coupé et une succession indirecte par le StreetKa).
Une synthèse de plusieurs ères stylistiques Ford plutôt qu'un style isolé
Le Puma est ainsi décrit par cette source comme un exemple relativement rare d'amalgame réussi entre plusieurs courants stylistiques Ford successifs : l'ère organique et « ovoïde » du début des années 1990 (dont le concept Arioso porte la marque) et le style New Edge qui s'annonce alors à l'horizon de la fin de la décennie (voir Le Puma et le style New Edge — entre l'ère ovoïde et la rupture stylistique de la Focus) — la synthèse des deux se faisant sur un châssis Fiesta par ailleurs sans prétention.
Voir aussi
- Genèse du coupé (1993-1997) — quand Claude Lobo convainc Jac Nasser de doter la Fiesta d'un dérivé sportif
- Qui a vraiment dessiné le Puma ? Le désaccord Chris Svensson / Ian Callum
- Le Puma et le style New Edge — entre l'ère ovoïde et la rupture stylistique de la Focus
- Fin de carrière (2001-2002) — l'arrêt du coupé et une succession indirecte par le StreetKa
- Site source
- driventowrite.com
- Date d'extraction
- 14 sept. 2026
- Fin de carrière (2001-2002) — l'arrêt du coupé et une succession indirecte par le StreetKaFord Puma · Histoire et genèse
- Qui a vraiment dessiné le Puma ? Le désaccord Chris Svensson / Ian CallumFord Puma · Histoire et genèse
- Le Puma et le style New Edge — entre l'ère ovoïde et la rupture stylistique de la FocusFord Puma · Carrosserie
- Genèse du coupé (1993-1997) — quand Claude Lobo convainc Jac Nasser de doter la Fiesta d'un dérivé sportifFord Puma · Histoire et genèse
- Le Puma et le style New Edge — entre l'ère ovoïde et la rupture stylistique de la FocusFord Puma
- D'où vient le nom Puma ? Bobcat, Lynx, et un félin sans queue coupéeFord Puma
- Genèse du coupé (1993-1997) — quand Claude Lobo convainc Jac Nasser de doter la Fiesta d'un dérivé sportifFord Puma
- Qui a vraiment dessiné le Puma ? Le désaccord Chris Svensson / Ian CallumFord Puma
- Lancement au Salon de Genève 1997 — un accueil critique unanime et le titre Top Gear Car of the YearFord Puma