Accord Type R et Euro R (1998-2008) : la meilleure Accord jamais construite, et la moins vendue
Née de l'engagement en Super Tourisme européen
La genèse de l'Accord Type R remonte à l'engagement de Honda en championnats européens de Supertourisme, entamé dès 1995 avec l'écurie Motor Sport Developments (Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique), puis repris par Prodrive en 1997-1998, avant que West Surrey Racing ne prenne le relais pour la saison 1999 (voir L'Accord en BTCC (1995-2001) : 21 victoires en course, deux fois vice-championne, jamais titrée). Honda UK, désireux de capitaliser sur cette vitrine sportive pour dynamiser une gamme jugée par ailleurs peu spectaculaire, obtient de la maison mère japonaise le feu vert pour développer une version routière à hautes performances, réservée au marché européen : ce sera l'Accord Type R, dévoilée en juin 1998 sur la sixième génération, alors que l'usine de Swindon assemblait déjà l'Accord européenne depuis 1997.
Un châssis renforcé, un moteur monté à cheval sur deux continents
Bâtie sur une version spéciale du châssis quatre portes, dite CH1, l'Accord Type R reçoit une cloison arrière renforcée par une pièce en fonderie d'aluminium haute pression, procurant un gain de rigidité torsionnelle de 40 % par rapport à une Accord ordinaire. Sous le capot, un quatre-cylindres DOHC 2,2 L H22A7, dérivé de celui de la Prelude contemporaine, est assemblé à la main à Swindon avant d'être expédié au Japon pour son montage final sur la chaîne de production — une répartition industrielle rare, symbole des liens étroits entre les deux sites Honda. Le taux de compression, porté de 10,6:1 à 11,0:1, permet d'atteindre 209 ch à 7 200 tr/min et 214 Nm à 6 700 tr/min, la bascule VTEC intervenant au-delà de 5 500 tr/min. Freins avant dérivés de la NSX (disques ventilés de 300 mm, étriers flottants à deux pistons), suspension à ressorts et amortisseurs spécifiques, direction assistée recalibrée pour plus de réactivité, jantes Speedline de 17 pouces : à 1 306 kg, la Type R ne pèse que 54 kg de plus que l'Accord d'entrée de gamme la plus légère, pour un 0-100 km/h en 6,9 secondes et une vitesse de pointe de 142 mph.
L'Euro R japonaise : plus puissante, née en retour d'ironie
Ce n'est qu'en juin 2000 que le Japon reçoit sa propre version, l'Accord Euro R, bâtie sur le châssis local CL1 — une manière assumée de rendre hommage au succès critique de la version européenne qui l'a précédée de deux ans, jusque dans son nom. Profitant d'une réglementation japonaise moins contraignante sur le bruit et les émissions, son moteur H22A délivre 217 ch à un régime identique et un couple légèrement supérieur. En 2002, cette même génération est renommée Euro RX au Japon, avec quelques évolutions d'équipement, avant de céder la place à une seconde génération d'Euro R, bâtie sur le châssis CL7 (décembre 2002-2008) et motorisée par le quatre-cylindres K20A 2,0 L à injection directe, 220 ch, déjà croisé sur l'Integra Type R DC5 contemporaine.
Le quatrième modèle Honda à porter le badge Type R — et le plus discret
Chronologiquement, l'Accord n'est que le quatrième modèle Honda à recevoir le badge Type R, après la NSX (1992), l'Integra (1995) et la Civic (1997) — une place tardive qui n'a pourtant rien retiré à la qualité dynamique unanimement saluée du résultat. Reste que l'Accord Type R n'a jamais rencontré le même écho commercial ni la même notoriété populaire que ses devancières : la presse spécialisée la redécouvre aujourd'hui régulièrement sous l'angle de l'« icône oubliée », voire, pour l'Euro R japonaise jamais officiellement exportée hors d'Asie, de la « meilleure berline dont vous n'ayez jamais entendu parler ». Ce paradoxe — une exécution technique saluée par la critique, mais une diffusion restée confidentielle — illustre bien la réputation plus dynamique que sportive à grande échelle que la presse automobile prête à l'Accord dans son ensemble (voir Fiable et raisonnable, mais pas tout à fait « Camry » : l'image de l'Accord dans la presse automobile).
Voir aussi
- Sixième génération (1997-2002) : la Plateforme Flexible Globale et l'éclatement en trois Accord · L'Accord en BTCC (1995-2001) : 21 victoires en course, deux fois vice-championne, jamais titrée · L'Euro R en WTCC : une victoire historique à Imola (2008), sans le moindre soutien officiel · Fiable et raisonnable, mais pas tout à fait « Camry » : l'image de l'Accord dans la presse automobile
- Site source
- supercarnostalgia.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
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