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§ 01 · Histoire et modèles

1997, EK9 : la naissance de la Civic Type R, quatrième déclinaison seulement d'un badge déjà vieux de cinq ans

Honda Civic Type R · depuis 1997 · 4 min de lecture · extraite le 14 sept. 2026

Une idée reçue à corriger d'emblée : la Civic n'a pas inventé le badge Type R

Il est tentant de présenter la Civic Type R de 1997 comme l'origine du badge « Type R » chez Honda. Le recoupement avec le reste de ce corpus impose une correction précise : la Civic est en réalité la troisième voiture Honda à recevoir ce badge, et non la première. La chronologie exacte est la suivante :

  1. Novembre 1992 — Honda NSX-R (NA1), version circuit allégée et réservée au Japon de la supercar à moteur central, déjà documentée dans ce corpus (voir NSX-R (1992-1995) : la version circuit réservée au Japon, blanche en hommage à la RA272, dossier honda-nsx/).
  2. Novembre 1995 — Honda Integra Type R (DC2), sur la troisième génération de l'Integra, déjà documentée dans ce corpus (voir Integra 3e génération (1993-2001) : les « yeux d'araignée », les finitions américaines et la place de la Type R, dossier honda-prelude-integra/).
  3. 1997 — Honda Civic Type R (EK9), sujet de ce dossier.
  4. 1998 — Honda Accord Type R (CH1), réservée au marché européen, déjà documentée dans ce corpus (voir Accord Type R et Euro R (1998-2008) : la meilleure Accord jamais construite, et la moins vendue, dossier honda-accord/).

La Civic Type R arrive donc au moment où Honda a déjà rodé, sur deux modèles, la recette du badge « R » (Racing) : allègement systématique, caisse renforcée par soudure continue plutôt que par points, moteur poussé à un niveau de préparation proche de la compétition, différentiel autobloquant, et suppression méthodique de tout équipement de confort jugé superflu.

Une 6ᵉ génération de Civic comme base, une exclusivité japonaise assumée

L'EK9 est construite sur la sixième génération de la Civic, dite « Miracle Civic » au Japon (1995), déjà située dans la chronologie générale des générations Civic documentée côté honda-civic/ (voir Panorama chronologique des générations Civic suivantes (1979-2000) et clôture sur la Type R). Contrairement à l'Integra Type R DC2, vendue également en Amérique du Nord sous une forme atténuée, la Civic Type R EK9 est réservée exclusivement au marché japonais dès son lancement en 1997 : ni l'Europe, ni les États-Unis, ni aucun autre marché ne peuvent alors l'acheter neuve. Cette exclusivité n'est pas un hasard commercial mais le reflet d'une époque où le marché intérieur japonais (JDM) développe sa propre offre de compactes survitaminées, largement indépendante de ce qui est jugé commercialement viable en Europe ou en Amérique du Nord — un phénomène déjà rencontré ailleurs dans ce corpus pour d'autres véhicules JDM de cette période.

Fiche technique : la quête de la légèreté plutôt que de la seule puissance

Sous le capot, un quatre-cylindres 1,6 litre B16B DOHC VTEC, spécifiquement réglé pour cette application, délivre 185 ch à 8 200 tr/min — un niveau de puissance spécifique (environ 115 ch/litre) présenté comme un record pour un moteur atmosphérique de cette cylindrée au moment de sa sortie. La boîte est une manuelle à 5 rapports (et non 6, contrairement aux générations suivantes). Honda équipe l'EK9 d'un différentiel autobloquant Torsen, d'une caisse allégée et renforcée par un cordon de soudure continu plutôt que discontinu (gain de rigidité torsionnelle), et de sièges baquets Recaro à coque rouge qui deviennent, avec la teinte Championship White proposée dès l'origine, l'un des repères visuels durables de toute la lignée (voir Championship White : la teinte qui relie l'EK9 de 1997 à l'Ultimate Edition de 2025, en passant par la Formule 1 de 1965). Le poids est annoncé autour de 1 060 kg selon les versions, un chiffre très en retrait de celui de toutes les générations suivantes.

Une philosophie qui prolonge directement la genèse de la Civic elle-même

La quête de légèreté de l'EK9 n'est pas une invention isolée : elle prolonge directement l'obsession du poids qui remonte à la genèse même de la Civic en 1972, déjà documentée en détail côté honda-civic/ (voir Deux équipes rivales et la « valeur absolue » : la genèse conceptuelle de la Civic), ainsi que la lignée des déclinaisons sportives antérieures de la Civic — la RS de 1974 (voir La Civic 1200 RS (1974) : la première version sportive, réservée au Japon) puis la Si de 1984 (voir Naissance du badge Si : de la Civic Si japonaise (1984) à la CRX Si américaine (1985)) — dont la Type R représente l'aboutissement le plus radical plutôt qu'une rupture.

Production et postérité

Environ 16 000 exemplaires d'EK9 sont produits sur la durée de commercialisation (1997-2000), un chiffre modeste qui contribue directement, des décennies plus tard, à la cote élevée atteinte par le modèle sur le marché de l'occasion et de l'importation (voir La cote de l'EK9 et de la FD2 : la même dynamique d'importation JDM que celle déjà observée pour l'Integra Type R). L'EK9 reste aujourd'hui, dans la presse spécialisée comme auprès des passionnés, une référence quasi mythologique de la catégorie — un statut détaillé plus loin dans ce dossier (voir L'EK9, un mythe construit après coup : réputation rétrospective plutôt que couverture de presse occidentale contemporaine).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
14 sept. 2026
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