Le retour en héros et la voiture personnelle de Fangio, du Nürburgring à une vente aux enchères anglaise
« Est-ce que vous nous auriez crus ? »
À l'annonce du résultat, les sentiments de l'équipe argentine sont mêlés : la satisfaction d'avoir terminé dans le top 5 d'une épreuve aussi éprouvante côtoie la frustration d'avoir vu la victoire au classement réel s'échapper sur des pénalités jugées, sur le moment, sévères. Percevant cette frustration, Fangio aurait alors demandé à son équipe, en substance, si quiconque en Argentine aurait cru possible, avant le départ, qu'ils mènent la course pendant la moitié de sa durée et terminent quatrièmes. À leur retour au pays, les membres de la mission sont accueillis en héros. La presse et l'opinion publique argentines retiennent avant tout la démonstration de capacité industrielle et de pilotage qu'a représentée cette performance face à des marques européennes bien plus expérimentées en endurance — une lecture qui a largement effacé, dans la mémoire collective, le détail technique des pénalités elles-mêmes (voir 84 heures au Nürburgring — récit de la course et classement final d'août 1969).
La voiture n°3, aujourd'hui exposée à Balcarce
La Torino n°3, celle qui a terminé l'épreuve, est aujourd'hui exposée au musée Juan Manuel Fangio, à Balcarce, dans la province de Buenos Aires — ville natale du champion, qui a dominé la première décennie de la Formule 1 mondiale avant de superviser cette aventure argentine sur ses terres de prédilection européennes.
Le cadeau qui devient la voiture de tous les jours de Fangio
Un second exemplaire mérite d'être signalé pour son destin singulier : après la course de 1969, une berline Torino 380S de 1970 est offerte à Fangio, qui en fait sa voiture personnelle quotidienne jusqu'à sa nomination à la présidence de Mercedes-Benz Argentina en 1974. Le véhicule reste enregistré à son nom jusqu'à sa mort en 1995, puis demeure dans sa famille jusqu'en 2013. Il est finalement mis aux enchères sans prix de réserve lors de la vente Silverstone NEC Classic Motor Show, à Birmingham, en Angleterre, où il trouve preneur pour 28 175 livres sterling (environ 45 000 dollars américains à l'époque) — un montant qui, tout en restant modeste au regard des standards internationaux de l'automobile de collection, illustre la difficulté structurelle qu'ont les Torino à trouver un marché de collectionneurs hors d'Argentine, freinée par la complexité des démarches d'exportation et d'immatriculation depuis le pays (voir La cote du Torino sur le marché de collection argentin).
Voir aussi
- 84 heures au Nürburgring — récit de la course et classement final d'août 1969
- La « Mission argentine » de 1969 — pourquoi et comment trois Torino sont partis défier le Nürburgring
- La cote du Torino sur le marché de collection argentin
- « El auto de los argentinos » — le statut culturel du Torino, entre fierté industrielle et marqueur générationnel
- Site source
- en.wikipedia.org (+ recoupement theclassicmachines.com)
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/IKA-Renault_Torino ↗
- 84 heures au Nürburgring — récit de la course et classement final d'août 1969IKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Compétition
- La cote du Torino sur le marché de collection argentinIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Achat collection
- « El auto de los argentinos » — le statut culturel du Torino, entre fierté industrielle et marqueur générationnelIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Societe culture politique
- La « Mission argentine » de 1969 — pourquoi et comment trois Torino sont partis défier le NürburgringIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Compétition