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§ 09 · Compétition

La « Mission argentine » de 1969 — pourquoi et comment trois Torino sont partis défier le Nürburgring

IKA Torino (Argentine, 1966-1981) · 1966–1981 · 2 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Pourquoi le Nürburgring plutôt qu'une autre épreuve

Après plusieurs tentatives de participation internationale restées sans suite, IKA-Renault choisit en 1969 d'engager trois Torino Coupé 380W au Marathon de la Route, une épreuve d'endurance de 84 heures disputée sur le circuit combiné Nordschleife/Südschleife du Nürburgring, en Allemagne. Héritière d'une tradition de rallyes routiers longue distance nés en 1931 (dont le mythique aller-retour Liège-Rome de 3 500 km), cette épreuve avait pris la forme des « 84 Heures » en 1965, en réponse aux restrictions croissantes imposées à la course sur route ouverte après-guerre. Le choix de cette épreuve précise n'est pas anodin : réservée aux voitures de série peu modifiées plutôt qu'aux prototypes, elle correspondait exactement à l'image qu'IKA souhaitait donner du Torino, et Juan Manuel Fangio, qui avait remporté trois Grands Prix d'Allemagne sur ce même circuit (1954, 1956, 1957), en connaissait déjà tous les pièges.

Une rumeur de classe sur mesure

Selon un article rétrospectif consacré à l'épreuve, une rumeur tenace veut que Fangio soit intervenu personnellement auprès des organisateurs pour faire créer, cette année-là seulement, une classe « plus de 3 000 cm³ » — une catégorie qui, sans cela, aurait placé les imposants coupés argentins en concurrence directe et déséquilibrée avec des sportives européennes bien plus légères (Porsche 911, BMW 2002, Lancia Fulvia, Ford Capri). Cette affirmation, non recoupée par une seconde source indépendante lors de cette recherche, est rapportée ici avec la prudence qui s'impose.

Un équipage de dix pilotes et un accident dès la préparation

La direction de la mission revient à Fangio lui-même, la coordination technique sur place à Tibor Teleki et Carlos Lobbosco, la préparation des moteurs à l'ingénieur Lepper, et l'assistance en piste à Oreste Berta (voir Oreste Berta, « le Magicien » — l'ingénieur qui a transformé le Torino en arme de course). Trois Torino 380W, numérotés 1, 2 et 3, sont confiées à dix pilotes argentins au total. Selon les rosters recoupés pour cette recherche : la voiture n°1 à Carmelo Galbato (orthographié aussi « Gabalto » selon les sources), Oscar Fangio (le propre fils de Juan Manuel Fangio) et Rubén Luis Di Palma ; la n°2 à Gastón Perkins, Eduardo Rodríguez Canedo et Jorge Cupeiro (ou « Cupiero ») ; la n°3 à Eduardo Copello, Alberto « Larry » Rodríguez Larreta et Oscar Mauricio Franco. Vingt jours avant l'épreuve, les trois voitures et cinq mécaniciens arrivent en Allemagne pour un programme d'apprentissage intensif du circuit. Trois jours avant le départ, un essai de mise en condition tourne à l'accident : la voiture n°1 en ressort avec une légère déformation irréparable de sa coque, que les mécaniciens argentins parviennent malgré tout à remettre en état de marche dans un délai jugé quasiment impossible — lui valant le surnom affectueux de « la bananita » (la petite banane), qu'elle conservera durant toute l'épreuve officielle.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
marambio.aq (source citée : Asociación Argentina del Torino) + recoupement theclassicmachines.com et Wikipédia anglais
Date d'extraction
13 sept. 2026
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