Le Torino Cherokee — comment un moteur de Jeep a fait renaître la légende en piste depuis 1995
Un nom qui ne doit rien au hasard
Après la relégation technique de 1972 (voir 1972 — le règlement qui a mis fin à la domination du Torino en Turismo Carretera) puis des années de déclin progressif au sein du Turismo Carretera, la marque Torino frôle la disparition pure et simple de la catégorie reine du sport automobile argentin au cours des années 1980. C'est un pilote historique de la grande époque du modèle, Luis Rubén Di Palma, quadruple champion à son volant dans les années 1970, qui relance le projet en 1995 : avec le soutien d'un atelier de rectification (Rectificadora Luján), il entreprend de doter le vieux bloc Tornado d'une nouvelle culasse en assemblant, de façon inédite, deux couvre-culasses du moteur Renault J6R-793 (celui de la Renault 18) découpés et ressoudés en un seul ensemble 6 cylindres — une solution bricolée destinée à respecter la limite de cylindrée de 3 000 cm³ toujours en vigueur. Les résultats obtenus avec ce montage restent toutefois décevants.
L'adoption du moteur Jeep Cherokee
C'est finalement l'adoption d'un tout autre moteur qui donne son nom définitif au projet et assure sa réussite : le six-cylindres OHV « AMC XJ », conçu par American Motors puis produit ensuite par Chrysler pour motoriser le Jeep Cherokee — un moteur sans le moindre lien de parenté avec le Tornado d'origine, mais dont la cylindrée peut être ajustée pour respecter la réglementation du championnat. Ce moteur est homologué pour la première fois sur un Torino de compétition en 1995, toujours par Di Palma, qui devient ainsi le premier pilote à le faire courir — donnant naissance au nom Torino Cherokee, sous lequel la voiture continue de courir aujourd'hui.
Une renaissance qui a largement dépassé son point de départ
Le Torino Cherokee moderne n'a plus grand-chose de commun, techniquement, avec le coupé de série des années 1966-1981 : ses fiches actuelles font état d'une caisse tubulaire de compétition, de suspensions à double triangulation à l'avant comme à l'arrière (contre un essieu rigide à l'origine, voir La boîte ZF sous licence et l'héritage inattendu de la suspension arrière de l'Alfa Romeo 1900), et d'un moteur AMC XJ de 3,0 à 4,0 litres développant, selon les évolutions réglementaires, entre 340 et 500 ch — des chiffres sans commune mesure avec les 250 ch de la meilleure préparation compétition des années 1960 (voir Tableau comparatif des motorisations Torino — cylindrées, puissances et divergences de mesure). Le nom Torino n'en continue pas moins de courir en tête du peloton du Turismo Carretera plus de six décennies après la présentation du modèle de route, sous une génération plus récente encore baptisée « Torino TC 2024 » — avec, entre-temps, un titre remporté par José Manuel Urcera en 2022. Cette continuité fait du Torino l'un des très rares noms de véhicules de série à survivre à sa propre production en devenant, de fait, une catégorie de voiture de course à part entière.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Torino_Cherokee ↗
- La boîte ZF sous licence et l'héritage inattendu de la suspension arrière de l'Alfa Romeo 1900IKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Moteur
- 1972 — le règlement qui a mis fin à la domination du Torino en Turismo CarreteraIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Compétition
- Tableau comparatif des motorisations Torino — cylindrées, puissances et divergences de mesureIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Moteur
- « El auto de los argentinos » — le statut culturel du Torino, entre fierté industrielle et marqueur générationnelIKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Societe culture politique
- Les cinq titres du Torino en Turismo Carretera (1967-1971)IKA Torino (Argentine, 1966-1981) · Compétition
- Le Torino, « voiture nationale » argentine — un schéma déjà rencontré ailleurs dans ce corpusIKA Torino (Argentine, 1966-1981)
- Les cinq titres du Torino en Turismo Carretera (1967-1971)IKA Torino (Argentine, 1966-1981)
- 1972 — le règlement qui a mis fin à la domination du Torino en Turismo CarreteraIKA Torino (Argentine, 1966-1981)