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§ 02 · Moteur

Iso (Chevrolet) contre De Tomaso (Ford) — deux variantes italiennes de la même formule transatlantique

Iso Rivolta / Grifo · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une même recette, deux motoristes rivaux

Iso Rivolta et De Tomaso incarnent, l'une comme l'autre, la formule de la GT italienne à gros V8 américain — carrosserie et châssis conçus et fabriqués en Italie par un petit constructeur artisanal, associés à un bloc américain économique, fiable et bien plus puissant que n'importe quel moteur maison italien de cylindrée comparable. Mais les deux maisons ne choisissent pas le même partenaire outre-Atlantique : Iso construit toute son identité mécanique autour de Chevrolet (327 puis 427/454, voir Le V8 Chevrolet 327 « small-block » — moteur fondateur de la gamme Iso et Les gros blocs Chevrolet 427 et 454 — le Grifo « 7 Litri » et « Can Am »), quand De Tomaso choisit dès l'origine Ford (351 Cleveland) pour la Pantera, distribuée directement par le réseau Lincoln-Mercury du constructeur de Dearborn — un lien capitalistique et commercial qu'Iso, elle, n'a jamais eu avec General Motors.

Une antériorité et une motivation différentes

La formule Iso précède celle de De Tomaso : l'IR 300 est présentée en 1962, quand la Pantera n'arrive qu'en 1971. Le choix initial de Chevrolet par Iso doit beaucoup au constat direct fait par Renzo Rivolta et l'entourage de Bertone en essayant le prototype britannique Gordon GT, déjà équipé d'un V8 Corvette (voir Le chaînon Gordon GT / Gordon-Keeble : comment un prototype britannique a inspiré la formule technique de l'IR 300) — un choix motivé par la performance et la fiabilité du bloc, sans lien capitalistique avec General Motors. De Tomaso, à l'inverse, construit dès le départ un véritable accord industriel avec Ford (signé le 9 septembre 1969), qui va jusqu'à financer une partie du développement de la Pantera et à la distribuer dans son propre réseau de concessions Lincoln-Mercury aux États-Unis — une intégration commerciale bien plus poussée que tout ce qu'Iso a jamais entrepris avec GM.

Une même vulnérabilité face au fournisseur américain

Les deux marques finissent paradoxalement par converger sur le même motoriste : à partir de 1971-1972, General Motors durcit ses conditions de vente aux petits constructeurs européens (paiement d'avance exigé), poussant Iso à basculer à son tour vers le V8 Ford Cleveland (voir Le basculement vers le V8 Ford Cleveland (1971-1972) — quand General Motors ferme le robinet) — le même bloc que celui utilisé depuis l'origine par De Tomaso, et déjà disponible sur le marché italien via le réseau logistique installé par Ford pour la Pantera. Les deux constructeurs partagent enfin un même sort final : rattrapés par le premier choc pétrolier de 1973 et le durcissement des normes antipollution et de sécurité américaines, tous deux perdent leur position sur le marché nord-américain durant la même période — Iso disparaissant intégralement fin 1974 (voir Déclin et faillite d'Iso — le choc pétrolier de 1973 et la rupture Rivolta/Pera), quand De Tomaso survit près de vingt années supplémentaires en production réduite, sans jamais retrouver l'ampleur commerciale de ses années Ford (voir La fin de l'accord Ford (1974) — choc pétrolier et durcissement réglementaire américain dans le dossier de-tomaso-pantera/).

Une divergence de destin après la rupture avec le motoriste d'origine

La différence la plus marquante entre les deux histoires tient à ce qui suit la fin de l'accord privilégié avec le motoriste américain : De Tomaso, resté maître de sa distribution et de son outil industriel, continue à produire la Pantera pendant près de vingt ans après 1974, quand Iso, déjà fragilisée par la cession à Ivo Pera et par son aventure coûteuse en Formule 1 (voir L'aventure Iso-Marlboro en Formule 1 (1973-1974)), ne survit pas à la même crise. Un troisième exemple de cette même formule transatlantique, la française Facel Vega (moteur Chrysler), avait connu quinze ans plus tôt un effondrement comparable après avoir tenté, à la différence d'Iso et de De Tomaso, de développer son propre moteur maison — un choix aux conséquences documentées dans le dossier facel-vega/ de ce même corpus.

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Provenance de cette fiche
Site source
curbsideclassic.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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