Aller au contenu
§ 13 · Achat administratif

Décoder un numéro de châssis d'E-Type — vingt schémas de numérotation en quatorze ans

Jaguar E-Type · 1961–1975 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une complexité assumée par Jaguar lui-même

Le site communautaire de référence XKE Data, tenu par Roger Los, résume la difficulté d'entrée de jeu : Jaguar aurait pu numéroter ses E-Type de « 1 » à « 72507 » en continu ; au lieu de cela, chaque nouvelle série, chaque carrosserie et chaque sens de conduite (gauche/droite) démarre sur des plages de numéros distinctes, parfois même réutilisées ou non strictement chronologiques d'un modèle à l'autre. Au total, le site en dénombre pas moins de vingt schémas de numérotation différents sur les quatorze années de production du modèle.

Où trouver le bon numéro

Deux emplacements seulement font foi (hors falsification) : la plaque du constructeur (« builder's plate »), qui porte à la fois le numéro de la voiture, le numéro de moteur, le numéro de caisse et le numéro de boîte de vitesses, et le haut du berceau moteur (« picture frame »), à côté de la roue avant droite. La plaque constructeur reste toutefois la référence la plus fiable, le berceau pouvant avoir été remplacé après un accident par une pièce d'occasion sans marquage d'origine.

Series 1 3,8 litres : une numérotation simple

Les tout premiers exemplaires (1961-1964), disponibles uniquement en OTS ou FHC, utilisent de simples numéros à six chiffres répartis en quatre plages : 850001-850943 pour les OTS conduite à droite (943 exemplaires), 860001-861799 pour les FHC conduite à droite (1 799), 875001-881887 pour les OTS conduite à gauche (6 887), et 885001-890873 pour les FHC conduite à gauche (5 873).

Series 1 4,2 litres : l'arrivée du préfixe « 1E »

À partir de 1964, les numéros reçoivent le préfixe « 1E », avec l'introduction du 2+2 en 1966 (parfois suivi du suffixe « BW » pour une boîte automatique Borg-Warner, bien que ce suffixe n'ait pas été systématique). Selon les plages retenues par XKE Data (d'après les travaux de Paul Skilleter) : 1E1001-1E1863 pour les OTS conduite à droite (863), 1E10001-1E15888 pour les OTS conduite à gauche (5 888), 1E20001-1E21583 pour les FHC conduite à droite (1 583), 1E30001-1E34249 pour les FHC conduite à gauche (4 249), 1E50001-1E50974 pour les 2+2 conduite à droite (974), et 1E75001-1E77644 pour les 2+2 conduite à gauche (2 644).

Series 1.5 : une frontière disputée

Les exemplaires considérés comme des Series 1.5 restent numérotés dans la même plage « 1E » que les 4,2 litres purs — Jaguar n'ayant, officiellement, jamais reconnu l'existence d'une série distincte à ce stade. XKE Data propose néanmoins une délimitation indicative : 1E1864-1E2184 (OTS RHD, 320), 1E15889-1E18368 (OTS LHD, 2 479), 1E21584-1E21959 (FHC RHD, 375), 1E34250-1E35815 (FHC LHD, 1 565), 1E50975-1E51379 (2+2 RHD, 404), 1E77645-1E79222 (2+2 LHD, 1 577) — voir « Series 1.5 » — la transition officieuse imposée par les normes américaines (1967-1968) pour le contexte complet de cette série non officielle.

Series 2 et Series 3 : nouveaux préfixes, nouvelles options

La Series 2 introduit le préfixe « 1R » (parfois « 2R » en toute fin de production, bien qu'aucun ouvrage de référence ne documente précisément cette bascule), avec un suffixe « P » pour la direction assistée en plus du « BW » pour la boîte automatique : 1R1001-1R1776 (OTS RHD, 776), 1R7001-1R14853 (OTS LHD, 7 853), 1R20001-1R21071 (FHC RHD, 1 071), 1R25001-1R28786 (FHC LHD, 3 786), 1R35001-1R36041 (2+2 RHD, 1 041), 1R40001-1R44287 (2+2 LHD, 4 287). La Series 3 V12, qui abandonne le coupé fixe biplace (voir Series 3 V12 (1971-1974) — la dernière évolution, plus grosse et plus grasse), passe au préfixe « 1S » : 1S1001-1S2872 (OTS RHD, 1 872), 1S20001-1S26120 (OTS LHD, 6 120), 1S50001-1S52116 (2+2 RHD, 2 116), 1S70001-1S75183 (2+2 LHD, 5 183) — avec, sur le marché américain, des préfixes millésime supplémentaires « UC » (1972), « UD » (1973) ou « UE » (1974).

Les pièges les plus fréquents à l'achat

XKE Data recense les erreurs les plus courantes commises par les propriétaires cherchant à identifier leur voiture : confondre le numéro figurant sur la carte grise (souvent préfixé par des lettres ajoutées par l'administration locale — la Californie étant réputée la plus prolixe en la matière) avec le vrai numéro de la plaque constructeur ; confondre un « I » majuscule avec un « 1 », ou un « 8 » avec le « B » du suffixe « BW » ; ou encore omettre le préfixe de série sur les numéros les plus tardifs. En cas de plaque manquante ou illisible, un certificat de traçabilité de production peut être obtenu auprès du Jaguar Daimler Heritage Trust. Pour l'immatriculation dans certains pays exigeant un numéro de châssis long à 17 chiffres (norme VIN moderne), les numéros d'origine, plus courts, restent la seule référence valable pour un véhicule britannique de cette époque — un point de friction administratif documenté par plusieurs propriétaires européens.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
xkedata.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci