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§ 01 · Histoire et modèles

Series 3 V12 (1971-1974) — la dernière évolution, plus grosse et plus grasse

Jaguar E-Type · 1961–1975 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un nouveau moteur, un empattement unique pour toute la gamme

Présentée à Genève en mars 1971, la Series 3 introduit le nouveau moteur V12 5,3 litres Jaguar, des freins renforcés et une direction assistée désormais de série — voir Le V12 5,3 litres monté sur l'E-Type Series 3 — architecture et caractéristiques et Du projet de course de 1951 au V12 de série — la longue genèse du moteur douze cylindres pour la genèse de ce moteur. Une boîte automatique, des jantes à rayons et la climatisation restent disponibles en option. Fait notable : le coupé fixe deux places (FHC) à empattement court disparaît du catalogue — la Series 3 n'est plus proposée qu'en cabriolet (OTS) ou en coupé 2+2, tous deux construits sur l'empattement long de 105 pouces (2 667 mm) auparavant réservé au seul 2+2. Ce choix, dicté par la rationalisation industrielle, répond aussi aux plaintes récurrentes des acheteurs sur le manque de place aux jambes, et permet aux acheteurs de roadster d'accéder enfin à la boîte automatique Borg-Warner, jusque-là incompatible avec le plancher court.

À sa présentation, le V12 est alimenté par quatre carburateurs Zenith et revendique 272 ch (203 kW) ainsi qu'un couple accru, pour un 0-60 mph en moins de sept secondes — voir L'injection qui n'a jamais vu le jour — pourquoi le V12 de l'E-Type a gardé ses carburateurs pour l'histoire, plus compliquée qu'il n'y paraît, du système d'alimentation retenu.

Une identité visuelle affirmée

La Series 3 se reconnaît immédiatement à sa large calandre à claire-voie croisée, ses ailes élargies pour loger des pneus plus larges, et ses quatre sorties d'échappement — plus un badge arrière annonçant fièrement « V12 ». Les modèles destinés au marché américain reçoivent en outre d'imposants butoirs de pare-chocs en caoutchouc saillants (à l'avant seulement en 1973, à l'avant et à l'arrière en 1974) pour répondre aux normes locales de résistance aux chocs à 5 mph (8 km/h), ainsi que des répétiteurs de clignotants latéraux sur les ailes avant — absents ou nettement plus discrets sur les versions européennes.

Un très petit nombre de Series 3 six cylindres ont également été construites — un choix proposé un temps dans la procédure commerciale, vite abandonné faute de demande.

Une réception critique nettement plus tiède

Contrairement au lancement triomphal de 1961, la Series 3 ne suscite, selon Ate Up With Motor, « aucune grande ovation » à sa présentation genevoise de 1971. Le gros V12 procure certes une accélération sans effort, y compris en boîte automatique, mais sans gain de performance réel par rapport aux premières Series 1 — pour une consommation nettement plus élevée. Alourdie d'au moins 600 lb (272 kg) par rapport à la Series 1 et plus lourde de l'avant, la Series 3 souffre d'une image dégradée par la comparaison directe avec les exotiques italiennes de l'époque (Lamborghini Miura, Ferrari 365 GT), face auxquelles elle ne pouvait plus prétendre rivaliser en performance pure malgré un tarif nettement inférieur (3 369 £ pour le 2+2, environ 7 400 $ aux États-Unis). Les listes d'attente qui avaient fait la légende de 1961 ont disparu.

Une fin de carrière assombrie par le contexte industriel

Les dernières années de commercialisation de la Series 3 coïncident avec les grèves à répétition chez British Leyland, le choc pétrolier de l'OPEP de 1973 (qui frappe durement le marché des grosses cylindrées gourmandes) et le départ à la retraite de Sir William Lyons — voir La fin de l'E-Type — fusions industrielles, crise pétrolière et succession par la XJ-S pour ce contexte de fin de carrière.

Les 50 « Commemorative Roadster »

Pour marquer la fin de la production, Jaguar construit 50 exemplaires commémoratifs du roadster Series 3, reconnaissables à leur carrosserie noire, leur sellerie couleur cannelle (« cinnamon ») et une plaque commémorative apposée sur la boîte à gants — à l'exception d'un unique exemplaire vert, peint pour un client fidèle de longue date. Le dernier roadster de série est achevé en juin 1974.

Une production en fin de course

Selon les chiffres cités par Wikipédia anglophone (source Robson), la Series 3 totalise 15 290 exemplaires (15 287 selon le détail par carrosserie : 7 990 OTS et 7 297 2+2, le FHC ayant disparu du catalogue). Le premier compte-rendu d'essai routier de la Series 3 n'a d'ailleurs pas été publié par la grande presse automobile nationale ou internationale, mais par Jaguar Driver, le magazine du Jaguar Drivers' Club — seul club de propriétaires officiellement reconnu par Sir William Lyons et par la marque elle-même.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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