La rouille, premier ennemi des XJ classiques — guide des points sensibles
L'état de caisse avant tout
Selon Hagerty, quelle que soit l'année de la XJ envisagée à l'achat, l'état de la carrosserie doit primer sur toute autre considération : ce sont de grandes voitures complexes, dont la restauration peut devenir un gouffre financier dès lors que la rouille s'est installée en profondeur. De nombreux panneaux de rechange restent disponibles sur le marché, mais leur coût cumulé peut rapidement dépasser la valeur du véhicule restauré — un risque à intégrer avant tout achat d'un exemplaire dégradé. Ce constat s'explique en partie par les conditions de fabrication documentées dans Les années British Leyland — grèves, sous-investissement et crise de qualité : l'atelier de peinture de Browns Lane, en partie antérieur aux années 1930, n'offrait qu'une protection anticorrosion rudimentaire aux caisses sortant de chaîne durant une bonne partie des années 1970.
Les points de contrôle incontournables
L'inspection doit porter, à genoux si nécessaire, sur les bas de caisse intérieurs et extérieurs et leurs panneaux de fermeture, les auges avant et arrière, les planchers, les longerons de châssis, le bas des portières, les passages de roue, les pare-chocs et leurs supports, ainsi que les réservoirs d'essence. Il faut également vérifier les ailes avant autour des logements de phares, le capot et ses charnières, les montants de porte, les bords du toit ouvrant s'il est équipé, et la traverse sous le radiateur dans le compartiment moteur. Le couvercle de coffre et le logement de roue de secours, de même que le pourtour du pare-brise et de la lunette arrière, complètent la liste des zones à risque. Le contrôle des soubassements et des bras de suspension arrière (radius arms) nécessite quant à lui un accès sur pont élévateur.
La suspension arrière indépendante, coûteuse à refaire
La suspension arrière indépendante complexe de la XJ (voir Une suspension arrière héritée de la Mark X, affinée pour la XJ6), associée à des freins à disque arrière montés en position intérieure, s'avère onéreuse à reconditionner correctement. Tout jeu ou sensation de flottement à l'arrière comme à l'avant doit faire prévoir le remplacement complet des silentblocs en caoutchouc, une opération à budgéter systématiquement sur un exemplaire dont l'origine n'est pas parfaitement documentée.
L'habitacle, un point de vigilance à part
Avec la profusion de bois et de cuir qui caractérise l'habitacle Jaguar (voir Bois et cuir — l'habitacle qui définit l'identité Jaguar), mieux vaut privilégier un exemplaire dont l'intérieur a déjà été bien entretenu : le cuir se retraite et se reteinte relativement facilement s'il n'est pas trop craquelé ou fendu, mais les placages de bois nécessitent généralement l'intervention d'un professionnel spécialisé pour retrouver leur éclat d'origine.
Voir aussi
- Site source
- hagerty.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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