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§ 07 · Carrosserie

La silhouette de la XJ6 — le dernier grand dessin de Sir William Lyons

Jaguar XJ6 · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une méthode artisanale pour une industrie de série

Comme pour chaque modèle Jaguar avant elle, la silhouette de la XJ6 est entièrement dessinée sous la supervision directe de Sir William Lyons lui-même, qui ne dispose d'aucune formation d'ingénieur ou de designer académique : sa méthode consiste à faire réaliser des maquettes grandeur nature, retouchées à la main par ses artisans selon ses indications successives jusqu'à obtenir la ligne recherchée (voir Sir William Lyons et la XJ6 — « la plus belle Jaguar jamais construite »). Pour la XJ6, dont le développement s'étale de 1964 à 1968, cette méthode aboutit à une silhouette basse et fluide, dans la droite lignée visuelle de l'E-Type — un choix qui associe pour la première fois l'allure d'une voiture de sport à un habitacle quatre portes pleinement fonctionnel.

Un accueil critique unanime à l'époque

Dès sa présentation, le dessin de la XJ6 est salué de façon quasi unanime par la presse et le public, contribuant directement à son titre de Car of the Year 1969 (voir Le lancement de la XJ6, 26 septembre 1968 — triomphe et pénurie). Le designer Ian Callum, qui deviendra des décennies plus tard directeur du style de Jaguar, se souvient avoir découvert la voiture à quatorze ans en 1968 et en être resté marqué (voir « Ce n'était pas une vraie Jaguar » — l'héritage stylistique contesté puis célébré de la XJ6) — signe de la force d'impact durable de ce dessin sur plusieurs générations de designers automobiles.

Une ironie assumée par Lyons lui-même

Selon Callum, Lyons manifestait paradoxalement peu de révérence pour son propre passé stylistique, changeant volontiers de langage visuel d'un modèle à l'autre plutôt que de chercher la cohérence — une désinvolture assumée qui, selon lui, explique les sauts créatifs accomplis par Jaguar entre la XK120 de 1948, l'E-Type de 1961 et la XJ6 de 1968. Cette absence de dogmatisme stylistique tranche avec la fidélité que le design de la XJ6 lui-même inspirera par la suite à des générations de berlines Jaguar reprenant ses codes esthétiques pendant plus de quarante ans, jusqu'à la rupture volontaire opérée sur la toute dernière génération X351 (voir X350 et X351 (2003-2019) — l'aluminium, la critique stylistique, puis la rupture Callum).

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Provenance de cette fiche
Site source
hagerty.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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